La pointe sud de la Thaïlande et l’arrivée en Malaisie

Après notre merveilleuse semaine à Koh Tao, nous aimerions visiter l’île voisine de Koh Pha-ngan car elle est célèbre pour ses fêtes sur la plage, notamment la « full moon party ». Nous sommes pile à la bonne date alors autant en profiter! Nous retrouvons des amis de Koh Tao et partons à la première soirée, dans la jungle. Au final rien de très local car nous sommes entre occidentaux, mais nous passons une bonne soirée au son techno. Lors du séjour, Léo fait une mauvaise chute à vélo. Heureusement rien de cassé a part des hématomes et des plaies, donc nous pourront repartir après un jour de convalescence.

Nous sommes très heureux d’être de retour sur la route le 17 août. En effet, l’intérêt de ce voyage réside dans les rencontres avec les habitants, les imprévus, les paysage hors des sentiers battus, et même si il est bien de respirer un peu avec les autres voyageurs, c’est bien l’aventure à vélo qui nous fait vibrer. Nous recommençons par une belle journée de plat entre les plantations d’Hévéa (très nombreuses, la Thaïlande est le premier producteur mondial de latex!) et la côte. Nous remarquerons que le paysage culturel évolue déjà. Il y a en effet beaucoup de femmes voilées et nous apercevons les premières mosquées. C’est une évolution progressive qui est comme d’habitude caractéristiques des régions frontalières. Ce jour là c’est dimanche, et il y a beaucoup de cycliste sur les routes, enfin! Nous sommes escortés par deux gars du « thaï angel cycling club » et rencontrons à peine plus tard et pour la première fois un (très) grand groupe de voyageurs à vélo. Ils ont en moyenne la cinquantaine et sont tous de Pattani sur la côte Sud-est. Contents de voir que la Thaïlande adhère au cyclotourisme! Très bonne ambiance dans le groupe, on ira manger ensemble un petit déjeuner. En tout cas ils ont l’air d’avoir un tout petit rythme, quand ils ne sont pas arrêtés une heure dans chaque restaurant!

Nous roulons l’après midi et après une petite avarie de dérailleur réglée à la MacGyver, nous échouons dans une petite ville, direction le temple bouddhiste. Très bonne soirée avec les moines, tous très rieurs. A noter qu’il est par contre très difficile de trouver une petite bière le soir dans la région!

Le matin tôt nous allons voir les moines chanter les mantras puis nous serons invités au petit déjeuner, après qu’ils aient fini et chanté la prière. Ils vivent sans argent donc reçoivent tous les jours les nombreuses donations de la quête. On pensait être tranquille mais nous voilà en concurrence avec des locaux qui se jettent sur les restes! Ils en ont sûrement plus besoin que nous. Nous voilà donc partis (tard), et l’avarie du jour (il y en aura une autre) sur la chaîne de Steph nous prend par surprise. On répare et on fait le choix de la montagne, car la route semble belle et déserte. Une fois partis dedans nous nous rendons compte du calvaire… Il fait chaud et les pentes avoisinent les 15+% par endroits. Pas de bol, Steph crève et il y laisse énormément d’énergie, c’est dur. Nous parvenons malgré tout à réparer et à repartir. Nous avons roulé l’après midi dans la jungle et l’ambiance était extraordinaire. Les sens sont en éveil, les bruits et les odeurs, ainsi que la vue des immenses arbres font oublier la difficulté (encore) de la monté. Après le retour sur la route principale, il est bien tard et les forces nous manquent… À la première ville moyenne, il n’y a malheureusement pas d’hôtel! Qu’à cela ne tienne, Steph parle à un militaire qui nous ouvre les portes de la caserne! C’est une première. Les armes et les uniformes sont intimidants à premier œil mais on tombe sur une belle bande de gars bien sympas. “Les ennemis sont partout” dira l’un d’entre eux, nous n’avons rencontré que des amis. En tout cas nous pouvons dormir sur nos deux oreilles ce soir 🙂

Après une bonne nuit, quelques selfies avec les soldats et un nouveau petit déjeuner à base de Durian (un gros fruit plein de piquants très fort en goût et typique de la région), nous remontons la vallée vers la ville frontière de Betong, très charmante! Seulement 70km mais le dénivelé est de nouveau conséquent, bien que l’on soit cette fois épargnés par les pentes ultra raides, ouf. Steph répare son vélo qui a beaucoup souffert, il faut changer le pédalier, la cassette et la chaîne. La petite ballade du soir sur les hauteurs permet de s’imprégner de l’ambiance tropicale du lieu.

Au matin du 21, nous arrivons enfin en Malaisie, la frontière est très facile à passer et ici on ne paie pas de visa :). Nous allons rouler toute la journée entre les plantations de palmier à huile mais aussi les collines de forêt primaire, c’est ce qu’on était venu chercher! Nous voila arrivés le soir après 100km à un camping au bord d’une rivière bien rafraîchissante. L’occasion de profiter de l’ambiance sonore de la jungle et de voir pour Léo le plus gros oiseau de la région à la jumelle, c’est un magnifique Calao rhinocéros, quelle chance! Nous sommes pris en charge par le propriétaire du camping et son ami, qui ont monté un réseau de check points sur toutes les plus belles routes du pays afin développer le tourisme. Nous sommes chez les initiateurs du projets donc, sur la route A76. Ils communiquent à fond sur les réseaux et 10 min après notre passage on est déjà entrain de buzzer en ligne 😀 Leur page Facebook et site: “Malaysia local route”.

Le lendemain on goûte au petit déjeuner malais, avant de rouler toute la journée jusqu’en bas de la montée qui nous attends pour les Highlands. Cette étape de liaison nous fait contourner l’après midi la grande ville de Ipoh par la banlieue industrielle sur des kilomètres, finit le calme et bienvenue dans la Malaisie urbaine… Ces moments sont assez détestables mais ils font partie du jeu! En fin d’après midi une source chaude et une cascade nous attendent pour la détente!

Enfin, le vendredi 23 août nous partons pour 75km d’ascension pour rejoindre les Cameron Highlands à 1600 mètres d’altitude. Nous sommes très heureux de retourner en altitude, c’est la première fois depuis le nord du Vietnam il y a deux mois. Ça nous prend la journée, on passe lentement de la jungle aux plantations de fruits et légumes sous serre en altitude, il y a même des fraises! Sûrement une folie des anglais qui ont colonisé la région les premiers. Le thé quant à lui nous attend la haut. Au passage d’un des cols on se fait attaquer par des abeilles et Steph n’est pas épargné, avec au moins 5 piqûres. Peu importe, sauvons les abeilles!

On va prendre deux jours de repos en profitant de la fraîcheur ici avant de repartir pour Kuala Lumpur, puis Singapour où notre aventure à vélo se terminera.

Traversée du Cambodge et retour en Thaïlande

La semaine avec Pteah Baitong (3e semaine de juillet) s’est déroulé à merveille. Nous avons pu filmer convenablement, mais aussi mettre la main à la pâte pour l’installation des panneaux solaires. La vidéo de présentation que nous avons réalisée sera bientôt prête!

Nous sommes retournés à Phnom-Penh pour passer le week-end dans un hôtel avec piscine, une fois n’est pas coutume! Nous avons trouvé la ville de Phnom Penh relativement calme surtout après l’agitation du Vietnam. Les deux pays ont en commun le fait qu’ils ont beaucoup souffert des guerres, nous avons pas manqué de visiter le mémorial des victimes du régime des Khmer rouges. Ceux ci ont organisé un terrible génocide pendant les années 70, au nom d’une doctrine communiste extrémiste. Heureusement, tous ces malheurs appartiennent au passé, et le peuple cambodgien semble désormais vigoureux et déterminé à s’élever.

En début de semaine nous étions prêts à reprendre la route, direction Siem Reap pour aller visiter les fameux temples d’Angkor. Nous avons traversé la campagne cambodgienne pendant trois jours. La route est bordée de petits villages, fermes, commerces et temples majestueux. C’est avec un peu de culot que nous avons demandé à être hébergé dans l’un d’eux un soir, avec succès! Quelques jeunes moines ont étudié l’anglais et on montré beaucoup d’intérêt pour notre culture, nos photos et plus étonnant, nos smartphones! On vit tous à la même époque. Le réveil matinal au son des mantras était en tout cas très envoûtant. Après avoir roulé très efficacement les 330 km nous étions fin prêt pour la visite le lendemain. Siem Reap est une ville dynamique. Fameuse pour ses temples, elle n’en présente pas moins également une belle vie diurne et nocturne. Lors de notre passage à Bagan (Myanmar) nous avions eu l’occasion d’observer une première fois ces monumentales constructions d’un autre temps, mais Angkor est construit dans un style très différent.

A la différence de son cousin birman, ce site, datant en moyenne du XIIe siècle est installé dans une ambiance tropicale, où animaux et arbres investissent les vestiges. L’étendue du site, érigé comme capitale, démontre l’importance de l’empire Khmer, qui a dominé la région du Myanmar au Vietnam. Ces derniers parfois bien rénovés présentent une multitude de fresques et sculptures, vecteurs d’histoire. Il faut parfois gravir un nombre impressionnant de marches pour atteindre le sommet d’un temple, on peut dire que les Khmers se rendant à l’office religieux étaient sacrément motivés. Le vélo se prête parfaitement à la visite du site, on en a profité pour se filmer quelques runs devant les temples, un moment inoubliable! Le passage aux temples d’Angkor terminait notre brève traversée cambodgienne. Nous en retiendrons une très bonne expérience de ce peuple fort et avenant.

Déjà nos têtes se tournent à l’ouest vers la thaïlande et ses tant attendues îles paradisiaques. Nous avions quitté le pays début mai après la visite du nord. Bangkok nous semblait être un véritable calvaire pour nos vélos, nous choisirons d’éviter la capitale pour nous diriger plutôt vers Pattaya, d’où un bateau nous permettrait de traverser le golfe de Thaïlande. À l’image de la capitale, Pattaya est une ville ultra touristique qui abrite un commerce du sexe. Elle en est même informellement la capitale mondiale. Nous y avons passé une soirée dans la rue principale, à slalomer entre les bars à pole dance et les propositions aguicheuses des escort girls. Une bien étrange atmosphère!

Le lendemain le bateau nous emmènera à Hua Hin. Nous aurons alors l’occasion de camper à 3 reprises (au grand soulagement de Leo !). Le temps nuageux et pluvieux à cette période de l’année rend enfin la pratique du vélo très agréable, il est facile de rouler toute la journée. Le second jour nous rencontrerons Scott, un américain à la retraite parti pour… 5 ans de voyage à vélo! Scott était infirmier dans un centre de soins palliatifs aux États Unis, ce qui l’a mis au contact de nombreuses personnes en fin de vie, dont certaines pleines de regrets. Cela l’a convaincu de concrétiser son projet. Nous avons discuté toute la journée pour profiter à fond de notre seul vrai collègue du voyage! A la différence de notre équipement minimaliste, Scott ne recule devant rien et il a plus d’un tour dans son bagage… De 42 kg!! Impressionnant. Bonne route dear friend.

A l’issue de cette journée de vélo en sa compagnie nous avons pris le bateau en direction de Koh Tao. Cette île a tout de l’endroit « carte postale ». Ce n’est pas pour rien que certains d’entre vous en recevrons depuis ici 😉 Koh Tao est notamment célèbre pour la pratique de la plongée sous-marine, le site étant particulièrement bien protégé et préservé. Nous y passerons notre Open Water (premier niveau de plongée assurant une autonomie jusqu’à 18 m, dans le système SSI). Nous avons eu la chance de pouvoir faire la formation en français avec Amélie de la French Kiss Divers, c’était bien plus comfortable car la partie théorique est assez conséquente et il faut tout comprendre. Stéphane en profitera pour passer l’Advance Aventurer pour pousser un peu l’expérience jusqu’à 30 m, un souhait de longue date! Les fonds marins sont sublimes et nous verrons un large panel de flore (coraux de toutes formes, algues…) et faune (barracudas, mérous en chasse, requin à pointe noire pour les plus impressionnants). Léo quand à lui a adoré l’expérience Open Water, mais il aime bien garder les pieds sur terre. Il en a donc profité pour faire des belles randonnée dans ce paradis sur terre. Une des sorties avec le vélo restera gravée dans la mémoire, le cœur a du s’accrocher dans les montées de… 30% ! Que le temps passe vite ici, déjà 1 semaine mais il faut repartir car la Malaisie nous attend. Ce pays promet un retour progressif à la montagne dans le centre, de la jungle, et une culture musulmane qui va nous surprendre. Il est plus que temps de retourner à l’aventure pour cette dernière partie du voyage!

Fin de notre séjour au Vietnam

Notre trajet a travers le Vietnam touchant à sa fin, il est temps de vous proposer un petit retour d’expérience depuis notre passage à Hanoi dans le nord du pays.

Lors de notre dernière pause dans la capitale (l’actuelle, car elle a changé tellement de fois au cours du temps) nous avions décidé de visiter la fameuse baie d’Halong. Nous avons choisi pour ce faire de profiter de 2 jours sur un bateau. Nous y avons passé un très bon moment en compagnie de 2 francaises et de l’équipage… Le bateau etait prévu pour 20 mais nous n’étions que 4 !

La baie d’Halong et ses centaines d’ilots situés au nord de l’ile de Cat Ba est un site mondialement connu. Elle se caractérise par des massifs karstiques émergeant de l’océan, lentement érodés par la houle et les précipitations. L’endroit est assez majestueux, notament dans ses parties les plus reculées (passage a travers grottes ressortant sur des lacs interieurs, les fameuses « lagunes secrètes »). On a pu déguster nos premiers produits de la mer vietnamiens grâce au talent du chef: huîtres, palourdes, poissons et même sashimi de calamar. Dommage que le plastique vienne parfois entacher le tableau, notamment dans les parties les plus exposées à la houle.

Cette semaine à Cat Ba aura été l’occasion de faire de nombreuses rencontres a l’hôtel Countryside, un vrai havre de paix au centre de l’ile.

Suite à cela nous sommes repartis de Hanoi avec l’objectif de rejoindre Ho Chi Minh ville (Saigon) en longeant les côtes. Et oui, après toutes ces montagnes, un changement d’environnement semblait indispensable! Les côtes ont l’avantage d’offrir un terrain plus plat et donc plus propice à parcourir de grandes distances tout en faisant moins d’effort, et les fins d’après midi à la plage seront un vrai moment de détente bien mérité! Ici, il convient de faire un point sur l’état d’esprit à la moitié du voyage. En effet, les trois premiers mois de voyage ont été d’une intensité folle: les conditions climatiques, le profil accidenté du parcours, les imprévus, la barrière de la langue, le choc culturel, les nouvelles rencontres tous les jours sont autant de raisons qui ont fait de cette première partie un moment incroyablement riche et qui sera gravé dans notre mémoire pour toujours. La fatigue physique avait enfin disparu au bout de dix jours mais la fatigue morale demeurait. Nous avons donc choisi de mieux sélectionner nos moments passés sur la selle et nos moments off pour la fin du voyage. Cela ce caractérise par quelques bus qui nous permettront de ne pas trop foncer pour mieux profiter des endroits où nous passons. Après avoir discuté avec d’autres voyageurs, il semble que ce syndrome est courant chez les voyageurs au long cours, après quelque mois. Nous avons tous envie de nous enraciner et de prendre le temps de nous imprégner des lieux!

Grâce aux recommandations des personnes rencontrées nous avons suivi grosso modo l’itineraire côtier proposé par le très bon Vietnamcoracle. Ce guide propose des trajets en moto au Vietnam, qui sont aussi très adaptés au vélo.

Sur notre route nous avons notament visité Ninh Binh (baie d’Halong terrestre) dont Léo n’as pas trop profité car malade trois jours! Nous avons ensuite gagné Huê, l’ancienne capitale de la dynastie Nguyen (XIXe – XXe siècles) qui a été peu à peu anéantie par la colonisation française. La cité impériale a souffert de nombreuses destructions mais les parties restaurées sont magnifiques. Nous avons alors rejoint Da Nang puis Hoi An, en passant par le merveilleux col de Haï Van tout près de la mer. Da Nang est une ville très dynamique, entre business et station balnéaire, mais peu attrayante en termes de beauté architecturale. Hôi An est par contre très jolie et bien restaurée, nous avons bien profité de l’excellente nourriture qui y est offerte au marché central. Depuis Hoi An nous avons repris un bus pour gagner 300km et finir la partie sud de la côte jusque Saigon. A Nha Trang, nous avons profité d’une ambiance digne de Copacabana à Rio de Janeiro, avec sa longue plage de sable blanc et une belle eau (la ville est aussi emblématique de Alexandre Yersin, disciple de Pasteur qui a beaucoup œuvré pour le pays) puis Mui Ne (les dunes du Pilat locales). Nous avons pu apprecier le rythme de vie des pêcheurs, et essayer d’encaisser les fumets de poisson et de sauce Nuoc Mam sur les stands du marché. Les côtes sont vraiment paradisiaques sur certaines portions, elles sont un mélange de petites criques, falaises escarpées et plages de dunes. Le vent quant à lui ne nous aura pas épargné avec plusieurs jours de face et de trois quart, finalement on était pas mal dans les montées du nord!

Notre arrivee à Ho Chi Minh coincidait avec l’anniversaire de Léo, et c’est avec grande surprise que le destin a mis Ygor sur notre route. Ygor est un ami Brésilien de Léo de son école d’ingénieur et de l’université brésilienne où ils ont étudié ensemble. C’était un très bon moment! Nous avons même eu la chance d’être invités par un collègue de travail de Ygor le jour de l’anniversaire pour déguster un barbecue de canard vietnamien, en buvant des bières au rythme Việt (vite). Ils avaient même prévu un gâteau, quelle gentillesse!

Nous avons donc pu observer deux Vietnam, le sud étant bien plus urbanisé que le nord rural. Les gens nous ont semblé plus stressés (mais toujours forts sympathiques) dans le sud du pays et il nous a aussi fallu faire attention aux arnaques, mais c’est de bonne guerre! Les sequelles de l’histoire sont encore bien présentes ici, bien que cela disparaisse avec les nouvelles générations. En effet le Vietnam a été occupé par les Francais puis par les Americains et il a souffert de guerres sanglantes. Ce passé est restitué par de très instructifs musées, notamment celui des « mémoires de la guerre » qui montre de manière très crue les atrocités des conflits.

Au final nous aurons passé un mois et trois semaines au Vietnam, car ce pays propose une large scène socio-culturelle et une grande diversité de paysages. Il restera certainement parmi les grands moments de ce voyage. Les vietnamiens sont des gens avec qui nous avons pu vraiment communiquer, il sont très ouverts d’esprit, drôles, avenants et il est plus facile de connaître le fond de leur pensée que dans d’autres pays que nous avons traversé. Leur hospitalité est un exemple que nous devrions tous imiter!

Aujourd’hui même nous prenons un bus pour Pnom Pen au Cambodge pour notre mission avec Pteah Baitong, ex-Entrepreneurs du Monde. Nous sommes très heureux à l’idée de pouvoir découvrir leur action ici au Cambodge.

A ce propos, notre cagnotte est toujours ouverte pour les aider dans leurs actions, alors n’hésitez pas à faire un tour sur leetchi 🙂

Le voyage a velo, philosophie et prerequis

Aujourd’hui on vous parle de cyclotourisme, de nos vélos et de l’équipement avec lequel nous réalisons ce voyage. En effet, nous rencontrons souvent des personnes qui nous posent des questions sur le matériel utilisé, l’investissement nécessaire, la fiabilité du matériel…ou simplement mais POURQUOIIII??

Le cyclotourisme est une branche du nomadisme itinerant et n’est finalement pas si different de la randonnee. Bien aue meconnue du grand publique c’est une pratique ancienne. Dans ces disciplines nous recherchons un melange de decouvertes, de rencontres, de performances sportives/depassement de soi et de surprises. Pratique entres amis cela promet egalement de bons moments de complicite !

Notre grand papa ! Le hasard n’expliaue pas tout… 🙂

On peut cependant le distinguer de sa cousine par un investissement plus eleve et un besoin d’adapter l’equipement au type de pratique (routes, chemins, montagnes). On parle d’ailleurs dorenavant de cyclotourisme et de « bikepacking ». La premiere discipline englobe la seconde mais se differencie par une pratique plus classique sur route. Les cyclotouristes au long cours emmenent generalement dans leur paquetage de quoi faire face a toutes les situations, tels des chameaux dans le desert. Grace a leur grand volume de bagage ils peuvent se le permettre et ils ont bien raison.

Photo de gauche par J. Patrick Fischer — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=17859427

Photo de droite par https://www.flickr.com/photos/magical-world/https://www.flickr.com/photos/magical-world/3059161558/in/set-72157607828562998/, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=7762765

Le bikepacking est assez recent dans le paysage du cyclotourisme. Comme pour le randonneur de haute montagne il vient d’une envie de grand air et de petit sentiers techniques beaucoup moins accessibles. Cela a ete rendu possible avec l’avenement des VTT d’une part, et plus recement des progres techniques et l’engouement pour le minimalisme. Il est ainsi possible d’emmener son paquetage pour des sorties VTT en autonomie sur plusieurs jours. L’equipement de bikepacking reste relativement cher mais l’on voit certaines grandes enseignes y porter interet, tel que DECATHLON. Certains peuvent y voir un effet de mode, et il est evident que cette discipline profite grandement de notre societe de consommation.

En haut a gauche un VTT equipe pour le bikepacking. En bas a gauche et a droite notre vision « a l’arrache » de la pratique en 2014 avec les copains. A l’epoque on n’avait meme pas connaissance de ce terme.

Comme nous ne sommes pas des maniaques ni des obsédés de la technique, et que nous n’avons pas voulu casser la tirelire, nous avons choisi de partir avec du matériel moitié neuf, moitié récupération et un melange de bagagerie issu de ces deux disciplines. Nos vélos sont des VTT rigides (sans suspensions) qui ont été parfaits jusqu’à présent pour la route comme pour les pistes et chemins. Après trois mois de voyage, on peut vous dire ce qui va, ce qui va moins bien et ce qu’on ferait différemment si c’était à refaire. L’objectif est de vous montrer que l’investissement n’est pas forcément énorme et qu’il existe des dizaines de configuration possibles, pour que vous n’ayez pas peur de vous lancer à votre tour 🙂
On vous fait ci-dessous une presentation synthetique et technique (pour les curieux) de nos configurations.

Léo


Je suis parti sur l’idee d’un investissement minimaliste. Mon velo est un decathlon ROCKRIDER 600 de 1997. C’est un velo en acier de bonne qualite et constitue une bonne base. Le vélo d’origine a été acheté sur leboncoin pour 150e en 2016. Il etait a peu de choses pres d’origine au debut de voyage.

  • ⁃ Cadre RR600 en acier haut de gamme chromoly.
  • ⁃ Roues d’origine, j’ai du changer la roue avant après un mois et demi pour 60e (moyeux compris)
  • ⁃ Pneus Schwalbe Land Cruiser (polyvalent, VTC) À seulement 40e la paire c’est vraiment le top! Ils n’étaient même pas neufs, doivent avoir 10000km mais font toujours le boulot alors qu’on les a bien malmené!
  • ⁃ La selle est un élément extrêmement important et il ne faut pas lésiner sur la qualité. Pour moi c’est une Brooks en cuir qui prend la forme des fesses, le confort devient optimal au bout de 500km parcourus. Valeur 100e mais obtenue à moitié prix grâce à notre partenaire Cyclable à Rennes.
  • ⁃ Dérailleurs av et ar Shimano Deore LX. Matériel d’origine sur le vélo acheté d’occasion (20 ans déjà). Ils montrent des signes de faiblesse avec le temps et se grippent facilement avec la poussière. Nettoyage fréquent nécessaire.
  • ⁃ Freins de type VBrake d’origine, les patins étaient usés jusqu’à l’os au bout de 2 mois et demi, une nouvelle paire coûte seulement 7e.
  • ⁃ Les poignées sont ergonomiques avec un appui pour la paume et des petites « cornes » pratiques pour monter en danseuse ou juste soulager les poignets de temps en temps. Valeur: environ 40e
  • ⁃ Deux porte gourde qui viennent se mettre sur la fourche grâce à un système de velcro. Pas très fiable donc je l’ai collé sur du Scotch double face. 20e
  • ⁃ Chaîne et pignons neufs avant départ: 20e
  • ⁃ Porte bagage Zefal r70 pas le plus simple à monter mais ça ne bouge pas d’un poil depuis le départ. 60e
  • ⁃ Roue libre changée juste avant la Thaïlande car bloquée, pour 5e
  • ⁃ Pédalier changé au Myanmar car des dents ont cassé, pour 15e
  • ⁃ 2 bidons de 1 litre chacun, 10e

Bagages:

  • J’ai voulu repartir le poids sur tout le vélo donc j’ai investit dans les sacoches suivantes:
  • ⁃ Apidura sacoches boudin pour guidon. Excellent produit, l’étanchéité n’est pas complète mais les habits sont dans un plastique. 100e d’occasion
  • ⁃ Ortlieb Frame Pack 6l. Se met au milieu du cadre, parfait aussi pour mettre des petites choses lourdes. 100e neuf.
  • ⁃ Sacoches avant Vaude 12.5L chacune utilisées pour moi à l’arrière pour faire un petit bagage! Super car je n’ai pas l’impression de tirer un boulet. 100e neuf, eu à 50e grâce à notre partenaire cyclable. Avec le temps les fixations se sont grippées et les rivets ouverts, ça fonctionne toujours mais l’usure a été anormalement rapide…

Bilan:

Mon investissement avant départ est donc d’à peine 420e (bagages inclus) car j’avais déjà ce vélo que j’utilisais pour aller au travail. Depuis le départ j’ai du changer des choses et réparer pour environ 150e. Un investissement plutôt réduit par rapport à celui que j’aurais du faire pour acheter un vélo neuf spécialisé.
Plutôt satisfait de la répartition du poids entre avant et arrière. Pour les bagages je ne changerais rien à part peut être remplacer les sacoches arrières par une sacoche de selle si je décidais de partir encore plus léger. Je regrette de ne pas avoir changé le pédalier, les deux roues et éventuellement la transmission avant le départ, car ce sont des pièces qui avaient déjà bien vieilli. J’aurais fais une meilleure affaire à décathlon et n’aurais pas perdu de temps dans chaque pays où j’ai eu à réparer quelque chose.

Stéphane

J’ai construit mon vélo sur la base d’un cadre neuf de la marque SURLY. C’est un cadre spécifique au cyclotourisme de type VTT, il est caractérisé par une géométrie plutôt confortable et doté de nombreux trous de fixation pour porte bagage et autres. Pour la petite histoire, il vient du Quebec. Mon colocataire tenant une boutique de velo, j’y ai vite vu un signe du destin… Le reste des pièces du vélo sont des pièces relativement haut de gamme glanees d’occasion au cours du temps. Grâce à des sites comme leboncoin et troc vélo il est possible de trouver son bonheur pour une somme bien inférieure au tarif neuf, moyennant un peu de patience !
Compter environ 800 a 1000€ pour ce type de configuration.

  • Cadre SURLY TROLL taille L (18″) de 2017 en acier chromolu double butted. Il admet des roues de 26″ d’origine mais aussi de 27.5″. C’est un cadre polyvalent, adapte pour la pratique sur route comme sur tout terrain. Sa particularite est d’avoir une geometrie relevee, prevue pour recevoir une fourche suspendue. Neuf avec rabais env 300E.
  • Porte bagage arriere TOPEAK SUPERTOURIST neuf 40E.
  • Porte bagage avant SPECIALIZED PIZZA RACK d’occasion 50E.
  • Selle ITALIA TREK GEL 70E neuve. Alors la je ne sais trop quoi dire, ayant systematiquement mal au cul au dela de 3 jours de velo d’affile, malgre 3 mois de tanage du fessier. C’est une selle qui a pourtant une tres bonne reputation. Elle n’est probablement pas adaptee pour moi. Le choix d’une selle se fqit comme pour les chaussures: il faut essayer et se tromper.
  • J’avais des roues haut de gamme SHIMANO XT et moyeu XT d’occasion env 250E
  • Transmission SHIMAMO XT et XTR glanees d’occasion env 200E.
  • Freins a disque mecaniques et leviers AVID env 100E.
  • Pneus SCHWALBE MARATHON MONDIAL neufs a 30E.

Vous notterez l’estimation tres approximative des prix, je n’ai plus tout cela en tete. Cependant l’ordre de grandeur est bon.

En termes de bagagerie, j’ai opté pour un mélange entre des sacoches de cyclotourisme classiques à l’arrière ORTLIEB, un sac étanche DECATHLON à l’avant contenant les objets volumineux légers, et une sacoche de cadre MISS GRAPPE pour l’outillage. Cela m’assure un gros volume à moindre coût. Environ 250€.
Pour ce type de voyage, principalement sur route cela me convient bien. Tendant vers le minimalisme, je vais probablement echanger mes sacoches pour quelque chose de moins volumineux.

Je suis tres satisfait de mon montage. Ce voyage aura cependant permis d’identifier des pistes d’amelioration. Je pense notamment au poste de pilotage, a la selle, et a la bagagerie.

Le mot de la fin

Le cyclotourisme demande donc un investissement initial adaptable mais dont vous pourrez profiter à de nombreuses reprises à l’avenir ! Nous vous invitions a essayer par vous meme sur un week end pres de chez vous, puis sur une semaine pendant des vacances… vous allez voir votre environnement d’un nouvel oeil 😉

Visite de Pteah Baitong

Notre premier jour à vélo était à présent il y a peine plus de 3 mois au Myanmar. Nous étions alors en visite chez Green Lotus, avec qui nous avons passé une semaine formidable a découvrir leur travail de soutient dans la communauté Ward67 de Rangoun. Dans 10 jours, nous laisserons à nouveau les vélos de côté, car nous serons au Cambodge auprès de notre deuxième ONG partenaire, Entrepreneurs du Monde. Nous nous réjouissons de passer quelques jours dans l’équipe du projet Pteah Baitong, lancé par EdM en 2015.

Un mot sur le projet Pteah Baitong:
L’entreprise Pteah Baitong (“Maison verte”) a été créée pour favoriser l’accès à l’énergie au Cambodge. Pteah Baitong fait la promotion de l’énergie verte et propose des solutions énergétiques utilisant des panneaux solaires, pour permettre aux habitants des villages les plus recules de s’éclairer et de cuisiner. Pour se faire, ils choisissent les meilleurs produits du marché, fiables et a prix intéressants, et s’occupent de les distribuer grâce à leur réseau sur le territoire cambodgien. Pteah Baitong propose aussi d’aider financièrement les villageois grâce à des micro-prêts très avantageux.

Dans le monde, une personne sur sept (http://documents.worldbank.org/…/36457149451767…/full-report) n’a toujours pas accès a l’électricité et une grande partie de la population mondiale ne dispose que de moyens limites et polluants pour s’éclairer. Ne pas avoir accès a l’électricité a des conséquences importantes sur le mode de vie: difficile pour un enfant de faire ses devoirs dans l’obscurité, délicat pour la famille de conserver des aliments, de recharger un téléphone, avoir des activites sociales le soir…

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à visiter le site internet de Pteah Baitong (en Anglais: http://www.pteahbaitong.com/)!
Vous pouvez aussi jeter un oeil au site de Entrepreneurs du Monde et decouvrir leur tres nombreux projets dans le monde entier: https://www.entrepreneursdumonde.org/

Sur l’utilisation de la ressource

Nous n’en avons plus conscience car nous y sommes nés et y avons grandis, mais l’Homme modifie durablement son environnement. L’exemple le plus flagrant reste l’agriculture. Pour qui est ce choquant de vivre au milieu des champs, à perte de vue? Avant la culture le terrain était probablement occupé par des forêts, des marais, des rivières (la canalisation du Rhin en est une belle illustration), etc… Chacun de ces systèmes sont des supports physiques à un complexe faune-flore unique. En modifiant son environnement, l’Homme est donc responsable de l’évolution des systèmes.

Nous avons vu sur la route du Vietnam de formidables paysages de montagnes et de rizières. Plus récemment encore, la côte « sauvage » nous a montré de très belles plages encore vierges. Cependant ces lieux paradisiaques sont l’apanage de complexes hôteliers haut de gammes. Cela se traduit par la floraison de buildings sur des kilomètres de longs. Parallèlement le développement touristique qui y est associé dynamise l’aménagement des sites « eco-touristiques »: bétonner ou paver de nombreuses routes au sein de ces sites pour en faciliter l’accès.

Tout cela a un coût, la construction et l’aménagement nécessitent une quantité considérable de matériaux de construction. Ainsi, en retrait des zones courtisées, la prospection des sables et roches indispensables font des ravages pour peu que le massif en question ne porte pas le nom de « baie d’Halong terrestre » ou autre titre agréable à l’oreille.

Pour nous qui avons grandis en Alsace entre les gravières (lieu d’extraction des sables et graviers), le problème est finalement similaire bien qu’il semble moins impressionnant. Cela s’avère même très pratique pendant les grosses journées d’été, mais au delà de ce petit plaisir il faut garder la tête froide, hors de l’eau si je puis dire 😉

Nord Vietnam, l’aventure des cols enfin

Notre dernier article s’achevait donc sur un jour de pluie pour rejoindre Ha Giang. Le lendemain n’était pas bien different car il a plu quasiment sans interruption. Après le petit déjeuner pain brioche café, on met enfin les imperméables! 60 km tranquilles avant d’attaquer les choses sérieuses avec une belle montée sous la pluie de 1100m. Ça grimpe en maillot de bain comme à la plage :). Les paysages sont splendides, on en vient presque à dénigrer Sa Pa. En haut, le col s’appelle la porte du paradis et il a été ouvert par les français au 19e siècles pour créer un accès aux vallées fertiles de l’autre côté. Il mérite bien son nom ! Nous redescendons à la tombée de la nuit sur la ville de Quân Ba. Ce soir le restaurant c’est no limit, on est reçus par deux frangins adorables qui nous font goûter leur Ruou (une fois n’est pas coutume).

On repart le matin pour la deuxième étape de la demi boucle de Ha Giang (un fameux tour à moto de plus en plus populaire chez les backpackers). Descente puis remontée sur un col, la route est désormais beaucoup plus calme! A la pause nous sommes particulièrement fatigués, et l’après midi promet car on a de nouveau un col et une montée de 1200m à se mettre sous la dent! Ce sera chose faite, en douceur car nous nous arrêtons fréquemment pour discuter avec des touristes à moto à tous les belvédères. C’est un peu ambiance Tour de France car on est applaudi par des groupes, manque plus que nos noms sur la route et des belges déguisés en diable pour nous courir (ou juste marcher) après. Une des montées en lacets est vraiment spectaculaire. Arrivés à notre objectif à la tombée de la nuit, pas de bol, les guest house sont fermées ou trop sales… Du coup on fait encore une quinzaine de km de nuit avec un profil « globalement assez plat” oui oui on connaît !! Dans un village on tombe enfin sur l’homme providentiel, Hang est professeur d’anglais au primaire et c’est un ange! Il nous ouvre sa chambre d’amis et nous dit qu’on peut rester à volonté chez lui. C’est un bosseur, il améliore constamment sa magnifique terrasse restaurant qui accueille de nombreux touristes en journée. Les discussions seront vraiment intéressantes, il adore les français et a appris le vélo enfant avec son vélo Peugeot (prononcer peuzô). Quand il était petit, son rêve était de pouvoir s’acheter une moto, mais le tourisme dans la région a fait de lui un homme « relativement » aisé alors il est heureux de nous dire qu’il pourrait désormais s’en acheter une dizaine :). Ce qu’on retient des gens comme lui et des vietnamiens en général, c’est leur sens de l’hospitalité et du partage. Nous avons beaucoup à apprendre d’eux en ce sens, avoir confiance en son prochain et ouvrir sa porte ne coûte pas grand chose, au contraire, c’est un enrichissement! On gardera ça en tête quand on aura notre chez nous.

Le lendemain, on décide de faire une petite étape et de profiter de la matinée pour aller mettre un pied en Chine, à 8km à peine. Il n’y a pas de Check point, normal c’est un tout petit sentier à travers les montagnes. Rien à signaler côté chinois, même pas une patrouille pour nous tirer dessus, ouf! L’après midi, on part sur la prochaine ville à seulement 20km. Dong Van est très jolie, la ville est dans une vallée étroite et les quelques maisons se battent en duel avec les rizières. La vue depuis un petit promontoire en fait un super coin lecture! Nous avons réservé un hostel où les groupes affluent en fin d’après midi. Cette soirée sera mémorable, un bon moment de fun avec tous les backpackers, on se réveille tous avec la gueule de bois le lendemain. Pour eux ça va mais quand il faut pédaler c’est pas pareil, donc nouvelle petite étape. On monte quand même à l’ancien fort français qui domine la vallée, mais on ne le reprendra pas de peur de subir une nouvelle défaite cuisante. Pour nous les défaites cuitantes sont déjà amplement suffisantes… On passe par Meo Vac, encore une belle bourgade puis on s’offre un dernier col et une grande descente, ça y est, la fameuse boucle est presque finie! Les paysages de la région sont vraiment un des coups de cœurs du voyage jusque ici. N’ayant pas pu trouver de bon endroit pour camper en hauteur, on se résout à descendre 800 mètres pour tomber sur une rivière, où l’on assiste à la mise à mort assez brutale d’un chien enragé. C’est cruel mais les habitants doivent traiter le problème aussi vite que possible, on les comprend bien. En remontant cette petite rivière sur la côté, on tombe sur une bande de gamins très rigolos pour partager un moment baignade bien mérité. Le camping se fait dans un bosquet de bambous assez coriaces. La fatigue est installée depuis plusieurs jours, on espère bien dormir. Devant le risque d’orage annoncé on a mis le tarp (bâche) comme on pouvait, malheureusement ça n’a pas suffit à protéger Steph qui se réveille trempé à 5h du matin.

A mon réveil très tardif il a décampé et m’attend sur la route. Ce jour là on fait une soixantaine de km pour se mettre deux nuits à l’hôtel à Bac Lao. Des français sont là aussi et on passe une soirée barbecue mémorable ensemble :). Le lendemain c’est repos, nettoyage et entretien des vélos etc…

L’objectif à présent est affiché, foncer plein sud sur Hanoï pour prendre un vrai repos réparateur. Après une 30aine de km, l’itinéraire le plus direct nous envoie sur une piste en très très mauvais état, mais on se dit toujours qu’on a vu pire (notamment au Laos). Sur Maps.me il est très fortement déconseillé de la prendre, mais on est très content de notre choix car les paysages seront encore une piste fantastiques et l’endroit très reculé. Par contre on avance pas vite, et dans ces conditions 85 km en valent bien 150 de plat. Une nouvelle fois à la tombée de la nuit, on arrive pas à trouver d’endroit intéressant pour le camping. Note: la prochaine fois envisager la tente plutôt que les hamacs, qui sont parfois difficile à mettre en place, surtout en montagne et dans les coins où là végétations fait défaut. Heureusement Steph fait parler sa sympathie et nous trouve une bande de pote chez qui on peut squatter. On passe la soirée à discuter par smartphones interposés (pratique). Ce soir la on picole vraiment beaucoup car ils ont jamais vu de mecs comme nous, on est invités à deux dîners différents avec tout les shooters que ça sous entend. Après une journée pareil autant dire que ça fait des ravages! On est avec les gars du village, d’un peu toutes les générations. Ils bossent tous dans les champs, à l’ancienne quoi. On a de la chance nous de pouvoir se promener en vacances ici avec un pouvoir d’achat intéressant, mais ils ne nous font jamais de remarques à ce sujet et n’acceptent rien de notre part à part des bières. A 6h30 du matin on est réveillés par Ching qui nous fait comprendre qu’il faut partir en vitesse car il part bosser. Pour Léo c’est une des plus dures journées car il a bu avec un peu trop d’enthousiasme…

La montée est un bon remède malgré tout! On sort enfin de la piste de la mort vers 9h du matin, et on part sur le lac de Ba Be pour se reposer l’après midi et se baigner. Il y a enfin un peu de psycho bloc (escalade au dessus de l’eau) à se mettre sous la dent mais c’est peine perdue car nos bras et nos dorsaux sont définitivement au placard…

Trois jours de vélo nous séparent dorénavant de Hanoï. La fatigue est pesante et ça se ressent sur le moral, mais l’excitation de la destination tant attendue nous maintient sur les roues ! Nous avons aussi en tête que c’est peut être les derniers moments que nous passerons en montagne avec des scènes si particulières, tâchons d’en profiter 😉

Nous nous en allons ainsi à travers monts et merveilles plein sud, longeant tantôt des rivières, tantôt des rizières sur une journée encore difficile mais qui en vaut la peine. Le soir nous campons au bord de l’eau. Nous voilà en plaine les moustiques sont de retour !! ZzZZzzz… Paf…

Peu à peu les paysages changent et nous entrons dans le plat pays: les rizières laissent un peu de place au profit des champs de thé, mais aussi de plastique… Serions nous en train d’approcher une capitale ? Après ces deux journées nous finissons aux portes d’Hanoi… À vrai dire c’est avec grand étonnement que cela se fera par des petits chemins agricoles, comme un air de erstein-osthouse en passant par les étangs. Voilà on est déjà de retour à la maison, la preuve, la photo finish se fait devant une cathédrale jouxtant l’hôtel :).

Nous voilà donc à Hanoï ou nous allons reprendre des forces, revoir des amis du Laos et du nord Vietnam avant de partir vers l’île de Cat Ba pour ne surtout pas rater la magnifique baie d’Halong!

Soooo Viet

Le Vietnam et un pays pour lequel nous avions beaucoup d’attente. En effet, après deux premiers mois sous la chaleur permanente, l’idée d’une petite virée en montagne nous aura permis de nous donner un objectif excitant à court terme ! D’autres part, nombre de voyageurs rencontrés sur la route nous aurons vendu les plaisirs visuels du nord Vietnam, mais aussi de la sympathie des locaux.

C’est avec ces belles images que nous entamons après déjà deux étapes montagneuses notre entrée dans la région de dien bien. Comment ne pas tressaillir à cette idée ! C’est dans la ville de Dien Bien Phu que l’armée colonialiste française a subit une défaite historique en 1954, laissant au peuple vietnamien la voie de l’indépendance. La ville en elle même n’ayant rien de particulier, nous sommes tout de même allés visiter le musée mémorial de la bataille. Nous y trouverons de nombreux vestiges, et surtout un bon rafraîchissement de mémoire. Ici ce ne sont pas les français qui font cocorico !!

Mais ce n’est pas fini après cette journée déjà longue. Nous décidons d’aller tester enfin cette gastronomie vietnamienne, et nous ne serons pas déçus ! Seulement un groupe de locaux nous voyant en position de faiblesse après ce rude repas, nous invite à un dien bien 2.0 à base de liqueur de riz. Une bonne dizaine de shooters plus tard, nous rentrons finalement à l’hôtel, en espérant que ce soit le bon.

Le lendemain, le départ est légèrement repoussé mais ne nous empêchera pas de pousser jusqu’à Muong Lay, une ville en bordure d’un lac artificiel (alors en vidange). Nous décidons de camper mais le terrain n’est pas propice à cela. Un peu plus loin un local nous invite chez lui (nous apprenons ensuite que c’est illégal). Content de cette bonne nouvelle nous installons nos hamacs et ils nous laissent cuisiner chez eux. Malheureusement cette famille tient des Thénardier et nous réclamera de l’argent pour le gaz et l’eau pour la modique somme d’une nuit dans un hôtel. Nous serons avertis ! Après une mauvaise nuit nous repartons pour une grosse étape qui nous amène sur les hauteurs à Lai Chau. Quel bol d’air ici ! Les efforts sont mérites et nous commençons à sentir cette fraîcheur tant attendue. Leo y apprend ses premières phrases vietnamiennes grâce aux propriétaires de l’hôtel. Le dodo est vite arrivé car le lendemain nous visons Sa Pa, ancienne ville coloniale française, mais un bon col à 2000m nous y attend !

C’est avec impatience que nous partons pour Sa Pa, en effet nous bouclerons les 80 km et presque 2000 m de d+ en pas loin d’une seule traite. Le paysages deviennent grandioses, ce qui nous motive d’autant plus à avancer. Ici l’air est frais, les ethnies nombreuses, rajoutant encore une touche colorée dans ce contexte montagnard nouveau. Sur la route nous noterons à plusieurs reprises certaines villes dont l’architecture du réseau routier semble démesuré au regard de la taille de la ville elle-même…vestiges à la grandeur d’un communisme dorénavant désuet?

En direction de Sa Pa

Après une journée de repos à Sa Pa passée à profiter de la vue sur la terrasse de l’hôtel, nous nous engageons pour un trekking de trois jours. Notre guide locale de la tribu Hmong nous emmène dans les magnifiques rizières en terrasse qui bordent la vallée. C’est la saison du plantage du riz dans les terrasses et c’est génial de voir tout le monde au boulot, ici le riz est une affaire de famille. Le trekking s’avère assez reposant car peu sportif, et les tenancières des maisons d’hôte font bien leur boulot de grand mère en cuisine! Niveau traditions on verra surtout que l’artisanat local est très développé, le tourisme intense aidant bien il faut dire. Impossible de repartir des premières haltes sans avoir acheté un bracelet protecteur aux hordes d’enfants vendeurs de souvenir! Le bracelet aura eu le mérite de nous préserver des glissades lors du dernier jour dans la boue et la brume, paysages saisissants!

Cônes de cannelle-encens

Après une nuit dans un petit Homestay charmant à Sa Pa, nous repartons et descendons la vallée, direction Ha Giang, une autre région montagneuse au centre nord cette fois. Tout le monde nous en parle car c’est un parcours connu en moto. Nous on verra ce que ça donne à vélo dans les cols classés 12ème catégorie! Apparement le coin à des routes parmi les plus belles routes de toute la région. Pour ce matin, on se réjouit d’affronter le froid et la pluie, ça nous change bien. La route est dans un piteux état et rend la descente très fun dans la purée de pois. Les vélos ne se marrent pas autant dans la boue car la chaîne se grippe et les freins pataugent, alors attention! Finalement nous gagnons une autre vallée avec une rivière en crue au fond, puis une seconde après le repas. A noter qu’on a trouvé les bons plans petits pains dans les boulangeries à la campagne, la brioche à 20 centimes d’euros nous met bien! Assez isolée, la route est petite (pourrie…) est c’est plutôt escarpé pour trouver un terrain camping. Ce sera chose faite, au bord de l’eau dans un abri taillé pour les hamacs, après 115km 😀

Après une bonne nuit en hamac, (ça faisait longtemps), on repart dans la terre pour en finir avec cette piste. La suite est à peine plus asphaltée, mais les paysages sont très verts donc autant en profiter tranquillement. Nous sommes dans des plaines de riz entourées de collines. Il pleuvra à peu près toute la journée à tel point que la route est inondée dans l’un des villages, voilà notre premier gué. En fait ça passe très bien sans imperméable car il ne fait pas si froid, bonne nouvelle! On s’arrête tôt malgré tout car avancer dans ses conditions nous a plus fatigué que prévu… Petit hôtel pour essayer de faire sécher nos affaires, on a une petite terrasse à l’abri de la pluie juste pour nous en prime!

Bain tiède sous la pluie

Sur la route d’Ha Giang

Nord du Laos :)

Nous avons passé quelques jours agréables à Luang Prabang. La ville est nichée entre le Mékong et un affluent, le tout encerclé de montagnes. Luang Prabang a un passé religieux et royal fort, mais a aussi été colonisée par les français, ce qui lui confère une architecture mêlée très belle. C’est dans ce cadre incitant au tourisme et à la visite que nous sommes arrivés avec une grosse envie de ne rien faire! Les deux ou trois premiers jours nous avons adoré prendre de longs petits déjeuners, jouer au billard, aller au Sauna (si si même par 40 degrés), au bar, et nous nous sommes fait de bons amis voyageurs à l’hôtel Vongprachan (au top!). Nous finirions quand même par aller voir les belles cascades limpides de Kuang Si à 30 km, ça vaut le détour car les poissons paient leur massage des pieds!

Le 16 mai, départ pour le nord. Nous roulons 110 km dans des vallées en suivant des rivières, et en milieu de journée on est réveillé de la sieste par l’orage. Tout excités, on met nos sandales et on espère rouler sous l’orage, danser sous la pluie et surtout profiter de la fraîcheur. Quelques goutes seulement tomberont… La saison des pluies tarde vraiment à venir cette année et ça devient inquiétant pour les locaux. Le soir nous voilà dans un hôtel chinois à un carrefour de routes. Les chinois on l’air d’avoir un pied dans la région déjà, ils semblent financer des projets de routes et de barrages et on voit du mandarin partout!

Nous voilà reparti le 17 mai pour une toute petite étape de 30km direction Nong Khiaw, un très joli village entouré de pics vertigineux au bord du Nam Ou (la rivière que nous avons déjà suivi la veille). On trouve un beau camping avec piscine et on retombe rapidement sur nos amies françaises de Luang Prabang, qui en plus nous avaient vu sur la route depuis le bus. Apparemment on a l’air de souffrir des fois mais ce n’est qu’une façade bien sûr! L’endroit est tellement joli que nous restons une journée de plus. Petite marche pour aller au belvédère au coucher de soleil, puis une magnifique journée kayak et cascade le lendemain, ça nous refait des bras :). La surprise du soir c’est le boulodrome du restaurant à côté où les francophones se sont donné rendez vous. A noter: les règles laotienne sont assez étranges et on ne comprend pas trop la quenelle qu’ils nous ont mise, alors on reste bons perdants!

Le 19 mai donc, nous retournons sur nos traces de 20km et prenons plein nord sur une piste montagneuse. Elle n’est pas sur google donc on sait déjà à quoi s’attendre! C’est chaotique et chaud comme toujours sur les pistes, dur, mais on sait qu’on se rapproche d’un de ses endroits perdus qu’on aime tant. La transmission est tellement grippée par la poussière que la chaîne de Léo casse. Il faut nettoyer, réparer puis ça repart une fois bien graissé, le gras c’est la vie! Malheureusement la montée s’avère redoutable, nous n’avions encore jamais poussé autant car c’est très raide et poussiéreux, le cœur bat à la chamade. Arrivés dans un petit village sur une crête nous jetons l’éponge et c’est un excellent choix car les Lao du coin nous tendent une embuscade. Avec rien dans le ventre, la place est faite pour des bières et de l’alcool de riz alors autant dire que tout est allé très vite 🙂 on passe la nuit à l’école du village, chacun sous sa petite pagode! Les enfants veulent jouer comme toujours mais parfois les forces nous manquent!

Départ tôt le 20 mai pour espérer en finir avec la piste et se reposer dans une guest house. Les raidillons se poursuivent les 3 premières heures avant la longue descente, encore une fois maps me nous joue des tours alors on passe par des chemins presque effacés par la végétation, c’est l’enfer vert! Nous arrivons donc à Muang Khua (à 80km du Vietnam) dans l’après midi. Comme Steph a commis une petite erreur dans son visa électronique il faudra attendre un jour de plus, qu’importe, on pourrait en avoir besoin. En effet, le reste de la route comporte deux bon cols.

Le 21 et le 22 nous nous dirigeons donc vers le Vietnam, sur une belle route calme. Le 22 nous passerons la frontière avec un français à moto, l’occasion de prendre le temps de discuter et de profiter des paysages !

Ainsi s’achève notre passage au Laos, le pays où les plats se font rare, enfin surtout sur les routes. On a un peu chômé au milieu car l’avant et l’après étaient assez durs. A noter quand meme que nous avons bien progressé et avons désormais les jambes pour enchaîner plusieurs jours de montagne, ouf! En tout cas les Lao sont vraiment accueillants, drôles, souriants, et pas stressés pour un sou. Nous avons trouvé le pays très rural, ce qui nous a beaucoup changé et ravis par rapport à la Thaïlande.