Première semaine à vélo: Yangon – Bagan

Ça y est, on est le 29/03/2019, et c’est parti direction Bagan et ses magnifiques temples emblématiques du pays! Nous avons d’abord pris un train sur recommendation d’un cycliste local afin de sortir de Rangoun. La réservation se fait à l’ancienne, pas d’automates, pas d’ordinateurs aux guichets! Juste des opérateurs qui notent encore tout sur papier. Avec environ 150 ou 200 km en 8h la SNCF n’as pas grand chose à leur envier! Bonne ambiance, entre les voisins mangeurs de crickets, les petits ventilateurs au plafond, les portes ouvertes en grand qui permettent de sortir la tête prendre l’air… Nous voilà arrivés à Pyay le soir 21h et en quête d’un endroit pour passer la nuit. On essaie tout pour dormir, même l’église catholique où on est pas non plus les bienvenus! Le petit jeune nous emmène donc en moto vers la guest house la moins chère de la ville, très sympathique et un petit vieux super accueillant.

Le lendemain c’est le grand départ avec la fraicheur. On commence par traverser le fleuve Irrawaddy qui descend tout le Myanmar du nord au sud pour rejoindre une route parallèle à ce dernier de l’autre côté. Très rapidement les paysages devienne ruraux, il y a énormément de champs et de rizières, toutes sèches en cette saison. Les trois quart des gens nous saluent ou nous klaxonne donc on essaie de répondre à la plupart d’entre eux! Aussi, sur la route, on passe souvent par des espèces de checkpoints où des gens demandent de l’argent aux conducteurs, c’est assez kitsch parce qu’ils ont de la musique et un MC qui arrête pas de parler. On a toujours aucune idée de pourquoi ils font ça mais il y en a partout! Vers 11h Léo a déjà beaucoup trop chaud (c’est l’heure critique, il faut s’arrêter) on est au bord de la route dans une gargote, la nourriture ne donne pas envie, car on ne sait pas depuis combien de temps elle traine la mais pas le choix! L’après midi c’est sieste à l’ombre jusque 15h30. Après cela les températures sont de nouveaux acceptables et les couleurs sont chaudes! 🙂 Dans un joli village on a créé un attroupements de 50 personnes, hallucinant, les gens étaient vraiment chaleureux! Ils n’ont sûrement quasiment jamais vu de touristes (les derniers sont passés en décembre, puis une personne début mars d’après le livre du checkpoint de la police 40 km plus tôt, et ils étaient sûrement pas à vélo).

Les ennuis ont commencé pas longtemps après. Nous venions de trouver un endroit magnifique pour dormir en hamac, un abri de paysans vide dans les champs, en haut d’une colline, avec des poutres pour mettre les hamacs. Super mignon! On essaie d’être discret en posant notre petit squatte et en préparant nos légumes pour le réchaud. Pas de bol, une troupe débarque une heure après la tombée de la nuit! Ils sont armés de bâtons et ne sont pas du tout content, le chef nous fait comprendre qu’on a 20 minutes pour dégager et reprendre la route, de nuit donc. Les autres ont vite compris qu’on était pas méchant et certains commencent même à prendre des photos c’est assez drôle. Mais quelle déception! Après 15 km, dans la bourgade suivante, on passe dans les restaurants pour demander de l’aide. Les policiers nous attendent déjà et encore une fois personne ne veut de nous, mais il est déjà 21h et on est épuisés. Le restaurateur est vraiment le bon samaritain de l’histoire, les flics se fichent de nous et veulent juste se débarrasser de nous. Notre ami nous offre nourriture et bière puis parvient à nous trouver un taxi qu’on est obligé de payer une fortune pour monter 50km au nord où on pourra à priori dormir. Tout paraît très compliqué, on a beau expliquer qu’on dormira n’importe où avec nos hamacs, rien n’y fait. En arrivant, re négociation, coups de fils… Finalement on est couché à minuit dans une ville qui n’est même pas référencée sur Google, presque inimaginable pour nous autres occidentaux! 4h30, on toque à la porte. C’est les flics, ils nous réveillent en trombe et nous demande de dégager! On a rien à faire ici non plus, décidément. Nous voilà sur la route à 5h avec les flics aux fesses, il va falloir faire 85km pour arriver à une ville qui peut nous accueillir. La deuxième journée était donc au mental, malgré la fatigue intense et la chaleur qui recommence dès 10h.

On est vraiment dans un Myanmar d’une autre époque, où les charrettes à bœufs dominent. Quel contraste avec la ville! Il n’y a pas d’électricité dans les villages fait de maisons souvent faites en bambou et en cloisons tressées. Certains sont branchés sur batterie ou panneaux solaires. On apprend à déguster l’eau que l’on trouve dans des jarres en terre cuite près de chaque villages. L’eau se dit Jé en Myanmar, ça deviendra notre mot favori: “oh, t’as encore du Jé?”. Faut dire qu’on est à 6 litres par jour et par personne.

La situation est donc très compliquée dans le pays, on a du mal à comprendre pourquoi c’est si difficile pour un touriste d’être hébergé et pourquoi il est tellement dur de sortir des sentiers battus. Visiblement, le Myanmar a encore beaucoup à faire et son passé comme ses récents scandales qui ont pris une ampleur internationale (les Rohingyas ont été persécutés dans le Rakhine state à seulement 100 km a l’est d’où nous passons) ont vraiment tendu le contexte. Mais c’est une expérience hors du commun et on en a conscience!

Le soir de ce deuxième jour (31/03) on est fanés! Nous qui pensions commencer en douceur… Après des bonnes brochettes et une nuit agréable on décide de rentrer vers l’est et passer de l’autre côté du fleuve Irrawady. Le contraste est saisissant, c’est le retour à la civilisation. Les policiers ont l’air de vrai policiers matriculés et en tenue, les gens ne nous dévisagent plus et le trafic est intense (75% de mobilettes). L’après midi, Léo teste les micropurs avec l’eau du robinet, c’est un échec car Steph finit avec une bonne fièvre, des vomissements et Léo une gastro! Au top! Dommage on commençait à être en forme.

Le lendemain est donc très difficile, chaleur extrême et crampes d’estomac nous empêchent d’avancer et on finit les 50km jusque Yenangyaung en souffrance. Heureusement l’après midi repos nous rétablit et on se ré-alimente! Nous voilà de nouveau aux bords du fleuve dans une petite bourgade. Un jeune Myanmar très motivé à apprendre l’anglais passe la soirée à discuter avec nous, il a fugué de chez ses parents et a des rêves pleins la tête, on lui souhaite de voir le monde! (03/04) Journée débutée aux aurores, dans la fraîcheur. On fait un check-in, on mange quelque samoussas végétariens fais avec dextérité devant l’hôtel. Après le repas on décide d’aller faire nos coupes de cheveux birmanes au salon. Pour moi c’est la crête longue et la teinture rouge, Steph se fait moine bouddhiste et c’est réussi! Le tout pour la modique somme de 4 euros. Après ça, on part visiter le mont Popa, qui est un monastère bouddhiste perché sur un piton rocheux. Très belle vue, une armée de singe agressifs protège les lieux et ils nous font bien rire.

Réveil à 5h le lendemain pour rallier Bagan et compléter notre première étape! Le gardien dort encore dans la cours de l’hôtel mais il a vite fait de nous ouvrir. C’est une petite étape tranquille sur une belle route vallonnée, les palmiers à sucre bordent la route et un paysage de petite montagnes nous entoure. On arrive vers 9h30 à notre hôtel, ce qui nous permettra de commencer les visites des temples dès le soir! Il y a plus de 2000 temples référencés sur 42km^2. Bouddha trône toujours au centre de chaque temple et ses statues sont à parfois immenses! Tout date du IXe au XIIIe siècle et a été construit par les rois du premier empire Birman. Le soir donc, départ à vélo sur les chemins de terre sablonneuse dans cette magnifique savane. Les lumières sont belles et le rouge (couleur des briques) domine. C’est magnifique! Steph crève dans la savane donc nous nous retrouvons juste à temps près d’un temple à priori fermé au public pour le coucher du soleil. L’escalade est assez facile et la vue est vraiment magique! On y retournera le lendemain pour le levé cette fois. Une femme veut nous ruiner l’instant en menaçant d’appeler la police, mais après de rudes négociations, ont fini par rester en la payant un peu. Les riches eux, paient des montgolfières qui passent juste devant notre temple, ajoutant encore à la magie du moment. Le reste de la matinée est parsemé de petite haltes pour profiter des gens (dont certains veulent leur photo avec nous), de l’ambiance, de l’architecture et des villages. C’est donc la fin de notre première grosse étape au Myanmar! Les corps sont désormais un peu mieux entraînés et on va commencer à monter en cadence dans les prochains jours pour redescendre vers le sud et rejoindre la Thaïlande, en passant cette fois ci par l’est montagneux du pays!

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