Deuxième semaine, l’est montagneux du Myanmar

Dernière journée à Bagan, repos! L’après midi nous trouvons enfin l’énergie nécessaire pour nous mettre au Tchétché, ce sport hyper spectaculaire pratiqué dans toute l’Asie du Sud est. Il s’agit d’un mélange de foot et de volley à la manière du futevolei brésilien, sauf que le balle est tressée en matière végétale (bambou? Osier?). C’est très aérien, difficile pour les débutants mais amusant. On se baigne enfin dans le fleuve Irrawaddy en fin d’après-midi. Les locaux ne le recommande pas car l’eau est sans doute très sale surtout en cette saison! Mais c’est rafraîchissant alors on prend. Le soir nous prenons un train couchette pour rejoindre Mandalay et gagner un peu de temps. Ça secoue dans tous les sens et on arrive à 5 heures du matin en ayant pas trop mal dormi malgré tout!

La journée commence donc très tôt et nous décidons de visiter les anciennes villes royales en dehors de Mandalay. Toute la journée on passe par hasard devant une multitude de quartiers d’artisanat: le marché de jade envahi de ses acheteurs chinois, les ateliers de sculpture de Buddhas, les tanneries, tisserands de soie… La visite du grand monastère de Amarapura est très belle. Des milliers de moines font la queue à l’heure du repas sous les caméras des touristes chinois qui sont assez insupportables pour leurs guides Myanmar qui n’en peuvent plus :D. En dehors, nous nous promenons dans le calme du monastère pour voir les moines étudier et faire leur tâches ménagères quotidiennes. Après le repas de midi nous tombons de fatigue et trouvons un petit hôtel à Saigang. Sieste prolongée puis visite de la belle ville ancienne. Il y a plein de recoins magnifiques avec des monastères paisibles et des pagodes. Nous montons au point culminant pour profiter de la vue à 360 degrés. Quelques moines prennent des selfies avec nous, et oui, eux aussi ils vivent en 2019!

Le 8 avril, direction Sud-est pour gagner enfin les montagnes! Une cinquantaine de kilomètres d’autoroute où on voit des éléphants sur des camions, des motos qui transportent… Des motos! Ce genre de motoception! Après toute ce stress on peut enfin virer plein est vers la campagne. Quel contraste avec l’ouest du pays, c’est beaucoup plus vert. Nous suivons le lit d’une rivière d’eau enfin claire et trouvons un superbe endroit de baignade pour passer l’après midi. Nous sommes fatigués mais les locaux ne nous lâchent pas à l’heure de la sieste, quelques selfies et le tour est joué! Comme il n’y a pas d’hôtel, nous commençons l’ascension en fin d’après midi et parvenons à nous planquer sur une crête pour enfin dormir en camping sauvage. Vue sur les montagnes, les premiers arbres chétifs craquent à la pose des hamacs! Nous finissons par être installés et on se fait un petit riz au poisson de la rivière, délicieux. L’orage passe et nous laisse tranquille. Steph a de nouveaux quelques problèmes de ventre donc la nuit n’est pas de tout repos, mais on survit!

Le lendemain une grosse journée s’annonce, que de la montée. La route devient vite une piste de terre et de concassé très difficile et ça monte fort! Passés les premiers cols, les paysages deviennent verts et magnifiques. C’est assez dur pour les jambes et Steph crève un pneu aux deux tiers. Après la réparation, descente légère dans une espèce de Suisse birmane, très paisible. Ici il n’y a aucuns déchets, des petites poubelles dans les villages. Nous voilà arrivés à la ville de Ywangan (1300 mètres d’altitude) après une journée éreintante. La région est très agréable mais visiblement pas encore du tout connue des touristes étrangers. Superbe hôtel à un prix abordable 🙂

Le 10 avril, nous roulons environ 90 km sur le plateau du “Shan state highlands”, fais de paysages agricoles et de montagnes en dents de scie. Sur le chemin nous passons par hasard devant une montagne ou a été construit un monument constitué de 7 immenses Buddhas d’or. Et dire qu’on a même pas fait exprès de les voir! Le soir nous sommes à Kalaw, 1400 mètres d’altitudes et nous profitons de le fraîcheur des forêts de pins. Ça change. Il y a un petit bar pour aller boire du rhum avec quelques touristes et des Myanmar de Rangoun maîtrisant l’anglais, ils donnent des cours aux enfants des villages environnants. Le bartender, Ye Ye, fait des tours de magie complètement hallucinant, qu’on ne voit normalement qu’à la télé: Steph ouvre son poing fermé et un mouchoir apparaît dedans, on en peut plus faut vraiment aller se coucher!

“Aujourd’hui journée tranquille”, c’est ce qu’on se disait en partant de Kalaw pour le Inle lake à seulement 60 km par la route. On décide de couper par la montagne, ce qui raccourcit encore le trajet, en se disant que ce sera plus sympa. Au bout de deux heures nous sommes déjà entrain de pousser dans les champs d’oignons et ce n’est que le début. L’application Maps.me nous joue des tours et invente des sentiers, nous voilà donc perdus toute la matinée sur des minuscules chemins de randonnée pédestre, où il y a une intersection tous les 100 mètres. C’est du VTT, ça monte fort, il faut souvent descendre et pousser. Pour la première fois en 1 mois Léo se demande ce qu’il fait ici! Heureusement nous finissons par tomber sur un village isolé, et c’est toute la beauté de cette aventure! Ces gens n’ont même pas un chemin digne de ce nom pour les relier à la civilisation, mais ils sont toujours aussi souriants et curieux, à part les enfants qui ont l’air assez effrayé de voir deux extraterrestres comme nous. En haut nous arrivons enfin en vue du lac Inle et pouvons commencer à descendre à fond sur les sentiers, un plaisir, sauf qu’on se perd de nouveaux quelques fois. Au final une bien grosse journée réservée à un public averti! A l’arrivée, surprise, il y a des loges de massage traditionnel et Léo en profite, une heure pour environ 5 euros on va pas se priver. Nuit dans un hôtel en bambou, demain ce sera repos. Nous troquerons même nos vélo pour un scooter en fin d’après midi pour aller voir les villages sur pilotis qui bordent le lac, les maisons sont plutôt impressionnantes de par leur taille on se croirait dans le Venise asiatique, avec notre maman conductrice de pirogue.

Le samedi 14 avril nous reprenons la direction Sud pour quitter le lac et suivre une rivière menant à un second lac (Samkar) situé 100 km plus bas. Très beaux paysages colorés dans une vallée agricole, la route n’est pas sur Google maps et on comprend vite pourquoi, car elle se transforme de nouveau en piste cahoteuse, attention aux fesses! Nous faisons encore 20 km de piste avant de s’arrêter dans un restaurant au bord du lac pour la pause, il fait chaud et on a vraiment un problème de communication avec le restaurateur, visiblement les gens ne comprennent vraiment pas notre accent. Ce jour est aussi le premier du fameux water festival, la fête de l’eau qui annonce la mousson à venir. Les jeunes surtout en profitent pour picoler et faire la fête, en s’arrosant d’eau toute la journée. Nous sommes au milieu de nulle part et les gens du village ont installé une sono, on hallucine en voyant ça, et alors qu’on se préparait à repartir, nous voilà à faire la fête avec eux pendant une petite heure, très fun. Le soir on se cache pour camper devant le lac avec un beau couché de soleil. Du bonheur.

Nous voilà repartis tôt pour commencer la traversée du massif qui nous fera rentrer vers la plaine centrale, au programme, environ 250km dont 180 de montagne, ça s’annonce dur! Les 40 premiers sont marqués par les processions religieuses à l’occasion du dimanche des rameaux, car oui c’est surprenant mais la région devient soudainement très catholique! Il y a de nombreuses églises et les croix remplacent petit à petit les pagodes en haut des montagnes. Cela dit les deux religions semblent très bien cohabiter. En chemin on se fait aussi copieusement arroser car le festival de l’eau bat son plein. Ça commence donc à monter et les paysages sont faits de belles montagnes en dents de scie. A la pause nous nous arrêtons en haut près d’un village avec des étals de femmes à long coup comme celles que l’on peut voir en Afrique, encore une surprise! Un jeune de la haut travaille en Thaïlande où il est conducteurs d’éléphants, contact pris on essaiera de se voir! Petit camping sauvage sur une belle crête où on se fait une bonne ratatouille après une session de fin d’après midi 🙂

Le lendemain on fait que de la montagne, environ 2000 mètres de dénivelé! Toujours splendide, très calme et reculé de nouveau, on apprécie ses endroits si désertés des touristes car on les a juste pour nous. Encore une fois, les gens hallucinent de nous voir débarquer. Le midi on est au bord d’une petite rivière dans une vallée, où on mange avec les doigts à la marocaine. Encore un camping sauvage le soir, pas le choix, il n’y a aucun endroit où on peut dormir (c’est toujours le même problème dans ce pays). La providence nous offre un bel abris discret dans un ancien cimetières catholique. Le même soir à Paris, la cathédrale est en flammes…

C’est la dernière journée de montagne pour rejoindre la ville de Taungû. Encore une journée difficile car les jambes sont lourdes! On essaie de finir vite pour aller à la gare et tenter de ne pas rater le premier train venu pour le sud. Énorme descente du coup, pour arriver dans la chaleur. A mi chemin il y a une magnifique oasis avec une très grande variété de fruits (ananas, durian, leetchi, mangues et d’autres délicieux qui n’existent pas chez nous) et on se jette dessus! Vers les derniers kilomètres la route s’agrandit et c’est assez incroyable car le festival de l’eau bat son plein et tout les jeunes de la région sont sur les routes entrain de faire la fête, processions de scooters et de camions de teuf avec du son. Les playboys sont de sortie et on se fait arroser à la lance à incendie et à coup de grands sceaux d’eau! Ça nous permet d’ailleurs de finir les derniers kilomètres sous la chaleur! Arrivés en ville c’est la grosse teuf, des sonos partout des gens bien éméchés, ambiance carnavalesque garantie! Par contre tout est fermé donc pas facile de manger. On est rincés dans tous les sens du terme donc on sortira seulement le soir pour aller faire la fête sous les jets d’eau, un bon gros délire, merci au Myanmar et à son peuple!! Le train part seulement le lendemain donc c’est nuit à l’hôtel, ça tombe bien on était bien crado. On sera bientôt en Thaïlande pour de nouvelles aventure, le Myanmar nous a régalé par sa diversités et l’attitude de son peuple pour l’instant, on pourrait rester!

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