Nord Vietnam, l’aventure des cols enfin

Notre dernier article s’achevait donc sur un jour de pluie pour rejoindre Ha Giang. Le lendemain n’était pas bien different car il a plu quasiment sans interruption. Après le petit déjeuner pain brioche café, on met enfin les imperméables! 60 km tranquilles avant d’attaquer les choses sérieuses avec une belle montée sous la pluie de 1100m. Ça grimpe en maillot de bain comme à la plage :). Les paysages sont splendides, on en vient presque à dénigrer Sa Pa. En haut, le col s’appelle la porte du paradis et il a été ouvert par les français au 19e siècles pour créer un accès aux vallées fertiles de l’autre côté. Il mérite bien son nom ! Nous redescendons à la tombée de la nuit sur la ville de Quân Ba. Ce soir le restaurant c’est no limit, on est reçus par deux frangins adorables qui nous font goûter leur Ruou (une fois n’est pas coutume).

On repart le matin pour la deuxième étape de la demi boucle de Ha Giang (un fameux tour à moto de plus en plus populaire chez les backpackers). Descente puis remontée sur un col, la route est désormais beaucoup plus calme! A la pause nous sommes particulièrement fatigués, et l’après midi promet car on a de nouveau un col et une montée de 1200m à se mettre sous la dent! Ce sera chose faite, en douceur car nous nous arrêtons fréquemment pour discuter avec des touristes à moto à tous les belvédères. C’est un peu ambiance Tour de France car on est applaudi par des groupes, manque plus que nos noms sur la route et des belges déguisés en diable pour nous courir (ou juste marcher) après. Une des montées en lacets est vraiment spectaculaire. Arrivés à notre objectif à la tombée de la nuit, pas de bol, les guest house sont fermées ou trop sales… Du coup on fait encore une quinzaine de km de nuit avec un profil « globalement assez plat” oui oui on connaît !! Dans un village on tombe enfin sur l’homme providentiel, Hang est professeur d’anglais au primaire et c’est un ange! Il nous ouvre sa chambre d’amis et nous dit qu’on peut rester à volonté chez lui. C’est un bosseur, il améliore constamment sa magnifique terrasse restaurant qui accueille de nombreux touristes en journée. Les discussions seront vraiment intéressantes, il adore les français et a appris le vélo enfant avec son vélo Peugeot (prononcer peuzô). Quand il était petit, son rêve était de pouvoir s’acheter une moto, mais le tourisme dans la région a fait de lui un homme « relativement » aisé alors il est heureux de nous dire qu’il pourrait désormais s’en acheter une dizaine :). Ce qu’on retient des gens comme lui et des vietnamiens en général, c’est leur sens de l’hospitalité et du partage. Nous avons beaucoup à apprendre d’eux en ce sens, avoir confiance en son prochain et ouvrir sa porte ne coûte pas grand chose, au contraire, c’est un enrichissement! On gardera ça en tête quand on aura notre chez nous.

Le lendemain, on décide de faire une petite étape et de profiter de la matinée pour aller mettre un pied en Chine, à 8km à peine. Il n’y a pas de Check point, normal c’est un tout petit sentier à travers les montagnes. Rien à signaler côté chinois, même pas une patrouille pour nous tirer dessus, ouf! L’après midi, on part sur la prochaine ville à seulement 20km. Dong Van est très jolie, la ville est dans une vallée étroite et les quelques maisons se battent en duel avec les rizières. La vue depuis un petit promontoire en fait un super coin lecture! Nous avons réservé un hostel où les groupes affluent en fin d’après midi. Cette soirée sera mémorable, un bon moment de fun avec tous les backpackers, on se réveille tous avec la gueule de bois le lendemain. Pour eux ça va mais quand il faut pédaler c’est pas pareil, donc nouvelle petite étape. On monte quand même à l’ancien fort français qui domine la vallée, mais on ne le reprendra pas de peur de subir une nouvelle défaite cuisante. Pour nous les défaites cuitantes sont déjà amplement suffisantes… On passe par Meo Vac, encore une belle bourgade puis on s’offre un dernier col et une grande descente, ça y est, la fameuse boucle est presque finie! Les paysages de la région sont vraiment un des coups de cœurs du voyage jusque ici. N’ayant pas pu trouver de bon endroit pour camper en hauteur, on se résout à descendre 800 mètres pour tomber sur une rivière, où l’on assiste à la mise à mort assez brutale d’un chien enragé. C’est cruel mais les habitants doivent traiter le problème aussi vite que possible, on les comprend bien. En remontant cette petite rivière sur la côté, on tombe sur une bande de gamins très rigolos pour partager un moment baignade bien mérité. Le camping se fait dans un bosquet de bambous assez coriaces. La fatigue est installée depuis plusieurs jours, on espère bien dormir. Devant le risque d’orage annoncé on a mis le tarp (bâche) comme on pouvait, malheureusement ça n’a pas suffit à protéger Steph qui se réveille trempé à 5h du matin.

A mon réveil très tardif il a décampé et m’attend sur la route. Ce jour là on fait une soixantaine de km pour se mettre deux nuits à l’hôtel à Bac Lao. Des français sont là aussi et on passe une soirée barbecue mémorable ensemble :). Le lendemain c’est repos, nettoyage et entretien des vélos etc…

L’objectif à présent est affiché, foncer plein sud sur Hanoï pour prendre un vrai repos réparateur. Après une 30aine de km, l’itinéraire le plus direct nous envoie sur une piste en très très mauvais état, mais on se dit toujours qu’on a vu pire (notamment au Laos). Sur Maps.me il est très fortement déconseillé de la prendre, mais on est très content de notre choix car les paysages seront encore une piste fantastiques et l’endroit très reculé. Par contre on avance pas vite, et dans ces conditions 85 km en valent bien 150 de plat. Une nouvelle fois à la tombée de la nuit, on arrive pas à trouver d’endroit intéressant pour le camping. Note: la prochaine fois envisager la tente plutôt que les hamacs, qui sont parfois difficile à mettre en place, surtout en montagne et dans les coins où là végétations fait défaut. Heureusement Steph fait parler sa sympathie et nous trouve une bande de pote chez qui on peut squatter. On passe la soirée à discuter par smartphones interposés (pratique). Ce soir la on picole vraiment beaucoup car ils ont jamais vu de mecs comme nous, on est invités à deux dîners différents avec tout les shooters que ça sous entend. Après une journée pareil autant dire que ça fait des ravages! On est avec les gars du village, d’un peu toutes les générations. Ils bossent tous dans les champs, à l’ancienne quoi. On a de la chance nous de pouvoir se promener en vacances ici avec un pouvoir d’achat intéressant, mais ils ne nous font jamais de remarques à ce sujet et n’acceptent rien de notre part à part des bières. A 6h30 du matin on est réveillés par Ching qui nous fait comprendre qu’il faut partir en vitesse car il part bosser. Pour Léo c’est une des plus dures journées car il a bu avec un peu trop d’enthousiasme…

La montée est un bon remède malgré tout! On sort enfin de la piste de la mort vers 9h du matin, et on part sur le lac de Ba Be pour se reposer l’après midi et se baigner. Il y a enfin un peu de psycho bloc (escalade au dessus de l’eau) à se mettre sous la dent mais c’est peine perdue car nos bras et nos dorsaux sont définitivement au placard…

Trois jours de vélo nous séparent dorénavant de Hanoï. La fatigue est pesante et ça se ressent sur le moral, mais l’excitation de la destination tant attendue nous maintient sur les roues ! Nous avons aussi en tête que c’est peut être les derniers moments que nous passerons en montagne avec des scènes si particulières, tâchons d’en profiter 😉

Nous nous en allons ainsi à travers monts et merveilles plein sud, longeant tantôt des rivières, tantôt des rizières sur une journée encore difficile mais qui en vaut la peine. Le soir nous campons au bord de l’eau. Nous voilà en plaine les moustiques sont de retour !! ZzZZzzz… Paf…

Peu à peu les paysages changent et nous entrons dans le plat pays: les rizières laissent un peu de place au profit des champs de thé, mais aussi de plastique… Serions nous en train d’approcher une capitale ? Après ces deux journées nous finissons aux portes d’Hanoi… À vrai dire c’est avec grand étonnement que cela se fera par des petits chemins agricoles, comme un air de erstein-osthouse en passant par les étangs. Voilà on est déjà de retour à la maison, la preuve, la photo finish se fait devant une cathédrale jouxtant l’hôtel :).

Nous voilà donc à Hanoï ou nous allons reprendre des forces, revoir des amis du Laos et du nord Vietnam avant de partir vers l’île de Cat Ba pour ne surtout pas rater la magnifique baie d’Halong!

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