Myanmar on en n’en a pas marre

Et voilà, la semaine dernière nous terminions notre première partie du voyage dans cette Birmanie aux multiples facettes. Nous y avons vécu un grand nombre d’expériences sociales, gastronomiques, culturelles, et en avons pris plein les yeux avec des paysages régulièrement changeant.

Nous avons été touchés par la gentillesse de ce peuple au passé compliqué, néanmoins très avenant et curieux. Ici les gens donnent cette impression de vie au jour le jour: « sois toi-même et apprend par toi-même ». En effet il existe une certaine confiance entre personnes et generations, dixit les trajets en famille à 4 sur le scooter avec bébé au milieu, ou les enfants avec des machettes.

Par contre malgré nos efforts nous n’aurons pas réussi à faire valoir nos maigres connaissances en langue Myanmar, mais ça les faisait bien rire qu’on s’y essaie et c’est déjà ça!

C’est sur conclusions que nous nous sommes dirigés vers la frontière thaïlandaise au niveau de Mawlamyine. Sur la route nous nous sommes arrêtés à Hpa An, ville au cœur d’une région dominée par des massifs karstiques. Assez impressionnant! C’est d’ailleurs ici que séjournent une gigantesque colonie de chauves souris dont on peut observer l’envol tous les soirs au coucher de soleil.

Allez rendez-vous en pays Thaï !

Deuxième semaine, l’est montagneux du Myanmar

Dernière journée à Bagan, repos! L’après midi nous trouvons enfin l’énergie nécessaire pour nous mettre au Tchétché, ce sport hyper spectaculaire pratiqué dans toute l’Asie du Sud est. Il s’agit d’un mélange de foot et de volley à la manière du futevolei brésilien, sauf que le balle est tressée en matière végétale (bambou? Osier?). C’est très aérien, difficile pour les débutants mais amusant. On se baigne enfin dans le fleuve Irrawaddy en fin d’après-midi. Les locaux ne le recommande pas car l’eau est sans doute très sale surtout en cette saison! Mais c’est rafraîchissant alors on prend. Le soir nous prenons un train couchette pour rejoindre Mandalay et gagner un peu de temps. Ça secoue dans tous les sens et on arrive à 5 heures du matin en ayant pas trop mal dormi malgré tout!

La journée commence donc très tôt et nous décidons de visiter les anciennes villes royales en dehors de Mandalay. Toute la journée on passe par hasard devant une multitude de quartiers d’artisanat: le marché de jade envahi de ses acheteurs chinois, les ateliers de sculpture de Buddhas, les tanneries, tisserands de soie… La visite du grand monastère de Amarapura est très belle. Des milliers de moines font la queue à l’heure du repas sous les caméras des touristes chinois qui sont assez insupportables pour leurs guides Myanmar qui n’en peuvent plus :D. En dehors, nous nous promenons dans le calme du monastère pour voir les moines étudier et faire leur tâches ménagères quotidiennes. Après le repas de midi nous tombons de fatigue et trouvons un petit hôtel à Saigang. Sieste prolongée puis visite de la belle ville ancienne. Il y a plein de recoins magnifiques avec des monastères paisibles et des pagodes. Nous montons au point culminant pour profiter de la vue à 360 degrés. Quelques moines prennent des selfies avec nous, et oui, eux aussi ils vivent en 2019!

Le 8 avril, direction Sud-est pour gagner enfin les montagnes! Une cinquantaine de kilomètres d’autoroute où on voit des éléphants sur des camions, des motos qui transportent… Des motos! Ce genre de motoception! Après toute ce stress on peut enfin virer plein est vers la campagne. Quel contraste avec l’ouest du pays, c’est beaucoup plus vert. Nous suivons le lit d’une rivière d’eau enfin claire et trouvons un superbe endroit de baignade pour passer l’après midi. Nous sommes fatigués mais les locaux ne nous lâchent pas à l’heure de la sieste, quelques selfies et le tour est joué! Comme il n’y a pas d’hôtel, nous commençons l’ascension en fin d’après midi et parvenons à nous planquer sur une crête pour enfin dormir en camping sauvage. Vue sur les montagnes, les premiers arbres chétifs craquent à la pose des hamacs! Nous finissons par être installés et on se fait un petit riz au poisson de la rivière, délicieux. L’orage passe et nous laisse tranquille. Steph a de nouveaux quelques problèmes de ventre donc la nuit n’est pas de tout repos, mais on survit!

Le lendemain une grosse journée s’annonce, que de la montée. La route devient vite une piste de terre et de concassé très difficile et ça monte fort! Passés les premiers cols, les paysages deviennent verts et magnifiques. C’est assez dur pour les jambes et Steph crève un pneu aux deux tiers. Après la réparation, descente légère dans une espèce de Suisse birmane, très paisible. Ici il n’y a aucuns déchets, des petites poubelles dans les villages. Nous voilà arrivés à la ville de Ywangan (1300 mètres d’altitude) après une journée éreintante. La région est très agréable mais visiblement pas encore du tout connue des touristes étrangers. Superbe hôtel à un prix abordable 🙂

Le 10 avril, nous roulons environ 90 km sur le plateau du “Shan state highlands”, fais de paysages agricoles et de montagnes en dents de scie. Sur le chemin nous passons par hasard devant une montagne ou a été construit un monument constitué de 7 immenses Buddhas d’or. Et dire qu’on a même pas fait exprès de les voir! Le soir nous sommes à Kalaw, 1400 mètres d’altitudes et nous profitons de le fraîcheur des forêts de pins. Ça change. Il y a un petit bar pour aller boire du rhum avec quelques touristes et des Myanmar de Rangoun maîtrisant l’anglais, ils donnent des cours aux enfants des villages environnants. Le bartender, Ye Ye, fait des tours de magie complètement hallucinant, qu’on ne voit normalement qu’à la télé: Steph ouvre son poing fermé et un mouchoir apparaît dedans, on en peut plus faut vraiment aller se coucher!

“Aujourd’hui journée tranquille”, c’est ce qu’on se disait en partant de Kalaw pour le Inle lake à seulement 60 km par la route. On décide de couper par la montagne, ce qui raccourcit encore le trajet, en se disant que ce sera plus sympa. Au bout de deux heures nous sommes déjà entrain de pousser dans les champs d’oignons et ce n’est que le début. L’application Maps.me nous joue des tours et invente des sentiers, nous voilà donc perdus toute la matinée sur des minuscules chemins de randonnée pédestre, où il y a une intersection tous les 100 mètres. C’est du VTT, ça monte fort, il faut souvent descendre et pousser. Pour la première fois en 1 mois Léo se demande ce qu’il fait ici! Heureusement nous finissons par tomber sur un village isolé, et c’est toute la beauté de cette aventure! Ces gens n’ont même pas un chemin digne de ce nom pour les relier à la civilisation, mais ils sont toujours aussi souriants et curieux, à part les enfants qui ont l’air assez effrayé de voir deux extraterrestres comme nous. En haut nous arrivons enfin en vue du lac Inle et pouvons commencer à descendre à fond sur les sentiers, un plaisir, sauf qu’on se perd de nouveaux quelques fois. Au final une bien grosse journée réservée à un public averti! A l’arrivée, surprise, il y a des loges de massage traditionnel et Léo en profite, une heure pour environ 5 euros on va pas se priver. Nuit dans un hôtel en bambou, demain ce sera repos. Nous troquerons même nos vélo pour un scooter en fin d’après midi pour aller voir les villages sur pilotis qui bordent le lac, les maisons sont plutôt impressionnantes de par leur taille on se croirait dans le Venise asiatique, avec notre maman conductrice de pirogue.

Le samedi 14 avril nous reprenons la direction Sud pour quitter le lac et suivre une rivière menant à un second lac (Samkar) situé 100 km plus bas. Très beaux paysages colorés dans une vallée agricole, la route n’est pas sur Google maps et on comprend vite pourquoi, car elle se transforme de nouveau en piste cahoteuse, attention aux fesses! Nous faisons encore 20 km de piste avant de s’arrêter dans un restaurant au bord du lac pour la pause, il fait chaud et on a vraiment un problème de communication avec le restaurateur, visiblement les gens ne comprennent vraiment pas notre accent. Ce jour est aussi le premier du fameux water festival, la fête de l’eau qui annonce la mousson à venir. Les jeunes surtout en profitent pour picoler et faire la fête, en s’arrosant d’eau toute la journée. Nous sommes au milieu de nulle part et les gens du village ont installé une sono, on hallucine en voyant ça, et alors qu’on se préparait à repartir, nous voilà à faire la fête avec eux pendant une petite heure, très fun. Le soir on se cache pour camper devant le lac avec un beau couché de soleil. Du bonheur.

Nous voilà repartis tôt pour commencer la traversée du massif qui nous fera rentrer vers la plaine centrale, au programme, environ 250km dont 180 de montagne, ça s’annonce dur! Les 40 premiers sont marqués par les processions religieuses à l’occasion du dimanche des rameaux, car oui c’est surprenant mais la région devient soudainement très catholique! Il y a de nombreuses églises et les croix remplacent petit à petit les pagodes en haut des montagnes. Cela dit les deux religions semblent très bien cohabiter. En chemin on se fait aussi copieusement arroser car le festival de l’eau bat son plein. Ça commence donc à monter et les paysages sont faits de belles montagnes en dents de scie. A la pause nous nous arrêtons en haut près d’un village avec des étals de femmes à long coup comme celles que l’on peut voir en Afrique, encore une surprise! Un jeune de la haut travaille en Thaïlande où il est conducteurs d’éléphants, contact pris on essaiera de se voir! Petit camping sauvage sur une belle crête où on se fait une bonne ratatouille après une session de fin d’après midi 🙂

Le lendemain on fait que de la montagne, environ 2000 mètres de dénivelé! Toujours splendide, très calme et reculé de nouveau, on apprécie ses endroits si désertés des touristes car on les a juste pour nous. Encore une fois, les gens hallucinent de nous voir débarquer. Le midi on est au bord d’une petite rivière dans une vallée, où on mange avec les doigts à la marocaine. Encore un camping sauvage le soir, pas le choix, il n’y a aucun endroit où on peut dormir (c’est toujours le même problème dans ce pays). La providence nous offre un bel abris discret dans un ancien cimetières catholique. Le même soir à Paris, la cathédrale est en flammes…

C’est la dernière journée de montagne pour rejoindre la ville de Taungû. Encore une journée difficile car les jambes sont lourdes! On essaie de finir vite pour aller à la gare et tenter de ne pas rater le premier train venu pour le sud. Énorme descente du coup, pour arriver dans la chaleur. A mi chemin il y a une magnifique oasis avec une très grande variété de fruits (ananas, durian, leetchi, mangues et d’autres délicieux qui n’existent pas chez nous) et on se jette dessus! Vers les derniers kilomètres la route s’agrandit et c’est assez incroyable car le festival de l’eau bat son plein et tout les jeunes de la région sont sur les routes entrain de faire la fête, processions de scooters et de camions de teuf avec du son. Les playboys sont de sortie et on se fait arroser à la lance à incendie et à coup de grands sceaux d’eau! Ça nous permet d’ailleurs de finir les derniers kilomètres sous la chaleur! Arrivés en ville c’est la grosse teuf, des sonos partout des gens bien éméchés, ambiance carnavalesque garantie! Par contre tout est fermé donc pas facile de manger. On est rincés dans tous les sens du terme donc on sortira seulement le soir pour aller faire la fête sous les jets d’eau, un bon gros délire, merci au Myanmar et à son peuple!! Le train part seulement le lendemain donc c’est nuit à l’hôtel, ça tombe bien on était bien crado. On sera bientôt en Thaïlande pour de nouvelles aventure, le Myanmar nous a régalé par sa diversités et l’attitude de son peuple pour l’instant, on pourrait rester!

Première semaine à vélo: Yangon – Bagan

Ça y est, on est le 29/03/2019, et c’est parti direction Bagan et ses magnifiques temples emblématiques du pays! Nous avons d’abord pris un train sur recommendation d’un cycliste local afin de sortir de Rangoun. La réservation se fait à l’ancienne, pas d’automates, pas d’ordinateurs aux guichets! Juste des opérateurs qui notent encore tout sur papier. Avec environ 150 ou 200 km en 8h la SNCF n’as pas grand chose à leur envier! Bonne ambiance, entre les voisins mangeurs de crickets, les petits ventilateurs au plafond, les portes ouvertes en grand qui permettent de sortir la tête prendre l’air… Nous voilà arrivés à Pyay le soir 21h et en quête d’un endroit pour passer la nuit. On essaie tout pour dormir, même l’église catholique où on est pas non plus les bienvenus! Le petit jeune nous emmène donc en moto vers la guest house la moins chère de la ville, très sympathique et un petit vieux super accueillant.

Le lendemain c’est le grand départ avec la fraicheur. On commence par traverser le fleuve Irrawaddy qui descend tout le Myanmar du nord au sud pour rejoindre une route parallèle à ce dernier de l’autre côté. Très rapidement les paysages devienne ruraux, il y a énormément de champs et de rizières, toutes sèches en cette saison. Les trois quart des gens nous saluent ou nous klaxonne donc on essaie de répondre à la plupart d’entre eux! Aussi, sur la route, on passe souvent par des espèces de checkpoints où des gens demandent de l’argent aux conducteurs, c’est assez kitsch parce qu’ils ont de la musique et un MC qui arrête pas de parler. On a toujours aucune idée de pourquoi ils font ça mais il y en a partout! Vers 11h Léo a déjà beaucoup trop chaud (c’est l’heure critique, il faut s’arrêter) on est au bord de la route dans une gargote, la nourriture ne donne pas envie, car on ne sait pas depuis combien de temps elle traine la mais pas le choix! L’après midi c’est sieste à l’ombre jusque 15h30. Après cela les températures sont de nouveaux acceptables et les couleurs sont chaudes! 🙂 Dans un joli village on a créé un attroupements de 50 personnes, hallucinant, les gens étaient vraiment chaleureux! Ils n’ont sûrement quasiment jamais vu de touristes (les derniers sont passés en décembre, puis une personne début mars d’après le livre du checkpoint de la police 40 km plus tôt, et ils étaient sûrement pas à vélo).

Les ennuis ont commencé pas longtemps après. Nous venions de trouver un endroit magnifique pour dormir en hamac, un abri de paysans vide dans les champs, en haut d’une colline, avec des poutres pour mettre les hamacs. Super mignon! On essaie d’être discret en posant notre petit squatte et en préparant nos légumes pour le réchaud. Pas de bol, une troupe débarque une heure après la tombée de la nuit! Ils sont armés de bâtons et ne sont pas du tout content, le chef nous fait comprendre qu’on a 20 minutes pour dégager et reprendre la route, de nuit donc. Les autres ont vite compris qu’on était pas méchant et certains commencent même à prendre des photos c’est assez drôle. Mais quelle déception! Après 15 km, dans la bourgade suivante, on passe dans les restaurants pour demander de l’aide. Les policiers nous attendent déjà et encore une fois personne ne veut de nous, mais il est déjà 21h et on est épuisés. Le restaurateur est vraiment le bon samaritain de l’histoire, les flics se fichent de nous et veulent juste se débarrasser de nous. Notre ami nous offre nourriture et bière puis parvient à nous trouver un taxi qu’on est obligé de payer une fortune pour monter 50km au nord où on pourra à priori dormir. Tout paraît très compliqué, on a beau expliquer qu’on dormira n’importe où avec nos hamacs, rien n’y fait. En arrivant, re négociation, coups de fils… Finalement on est couché à minuit dans une ville qui n’est même pas référencée sur Google, presque inimaginable pour nous autres occidentaux! 4h30, on toque à la porte. C’est les flics, ils nous réveillent en trombe et nous demande de dégager! On a rien à faire ici non plus, décidément. Nous voilà sur la route à 5h avec les flics aux fesses, il va falloir faire 85km pour arriver à une ville qui peut nous accueillir. La deuxième journée était donc au mental, malgré la fatigue intense et la chaleur qui recommence dès 10h.

On est vraiment dans un Myanmar d’une autre époque, où les charrettes à bœufs dominent. Quel contraste avec la ville! Il n’y a pas d’électricité dans les villages fait de maisons souvent faites en bambou et en cloisons tressées. Certains sont branchés sur batterie ou panneaux solaires. On apprend à déguster l’eau que l’on trouve dans des jarres en terre cuite près de chaque villages. L’eau se dit Jé en Myanmar, ça deviendra notre mot favori: “oh, t’as encore du Jé?”. Faut dire qu’on est à 6 litres par jour et par personne.

La situation est donc très compliquée dans le pays, on a du mal à comprendre pourquoi c’est si difficile pour un touriste d’être hébergé et pourquoi il est tellement dur de sortir des sentiers battus. Visiblement, le Myanmar a encore beaucoup à faire et son passé comme ses récents scandales qui ont pris une ampleur internationale (les Rohingyas ont été persécutés dans le Rakhine state à seulement 100 km a l’est d’où nous passons) ont vraiment tendu le contexte. Mais c’est une expérience hors du commun et on en a conscience!

Le soir de ce deuxième jour (31/03) on est fanés! Nous qui pensions commencer en douceur… Après des bonnes brochettes et une nuit agréable on décide de rentrer vers l’est et passer de l’autre côté du fleuve Irrawady. Le contraste est saisissant, c’est le retour à la civilisation. Les policiers ont l’air de vrai policiers matriculés et en tenue, les gens ne nous dévisagent plus et le trafic est intense (75% de mobilettes). L’après midi, Léo teste les micropurs avec l’eau du robinet, c’est un échec car Steph finit avec une bonne fièvre, des vomissements et Léo une gastro! Au top! Dommage on commençait à être en forme.

Le lendemain est donc très difficile, chaleur extrême et crampes d’estomac nous empêchent d’avancer et on finit les 50km jusque Yenangyaung en souffrance. Heureusement l’après midi repos nous rétablit et on se ré-alimente! Nous voilà de nouveau aux bords du fleuve dans une petite bourgade. Un jeune Myanmar très motivé à apprendre l’anglais passe la soirée à discuter avec nous, il a fugué de chez ses parents et a des rêves pleins la tête, on lui souhaite de voir le monde! (03/04) Journée débutée aux aurores, dans la fraîcheur. On fait un check-in, on mange quelque samoussas végétariens fais avec dextérité devant l’hôtel. Après le repas on décide d’aller faire nos coupes de cheveux birmanes au salon. Pour moi c’est la crête longue et la teinture rouge, Steph se fait moine bouddhiste et c’est réussi! Le tout pour la modique somme de 4 euros. Après ça, on part visiter le mont Popa, qui est un monastère bouddhiste perché sur un piton rocheux. Très belle vue, une armée de singe agressifs protège les lieux et ils nous font bien rire.

Réveil à 5h le lendemain pour rallier Bagan et compléter notre première étape! Le gardien dort encore dans la cours de l’hôtel mais il a vite fait de nous ouvrir. C’est une petite étape tranquille sur une belle route vallonnée, les palmiers à sucre bordent la route et un paysage de petite montagnes nous entoure. On arrive vers 9h30 à notre hôtel, ce qui nous permettra de commencer les visites des temples dès le soir! Il y a plus de 2000 temples référencés sur 42km^2. Bouddha trône toujours au centre de chaque temple et ses statues sont à parfois immenses! Tout date du IXe au XIIIe siècle et a été construit par les rois du premier empire Birman. Le soir donc, départ à vélo sur les chemins de terre sablonneuse dans cette magnifique savane. Les lumières sont belles et le rouge (couleur des briques) domine. C’est magnifique! Steph crève dans la savane donc nous nous retrouvons juste à temps près d’un temple à priori fermé au public pour le coucher du soleil. L’escalade est assez facile et la vue est vraiment magique! On y retournera le lendemain pour le levé cette fois. Une femme veut nous ruiner l’instant en menaçant d’appeler la police, mais après de rudes négociations, ont fini par rester en la payant un peu. Les riches eux, paient des montgolfières qui passent juste devant notre temple, ajoutant encore à la magie du moment. Le reste de la matinée est parsemé de petite haltes pour profiter des gens (dont certains veulent leur photo avec nous), de l’ambiance, de l’architecture et des villages. C’est donc la fin de notre première grosse étape au Myanmar! Les corps sont désormais un peu mieux entraînés et on va commencer à monter en cadence dans les prochains jours pour redescendre vers le sud et rejoindre la Thaïlande, en passant cette fois ci par l’est montagneux du pays!

Les premiers jours au Myanmar

Voilà 10 jours que nous nous sommes envolés pour l’Asie du Sud-Est! L’action que nous avons menée au côté de Green Lotus (voir article précédent) nous a maintenus bien occupés pendant une semaine.

En-dehors de cela, la semaine complète à Rangoun nous a permis de nous habituer aux températures très chaudes, avoisinant les 40 degrés tous les jours autour de 11h et jusque 15h30 environ. La ville est très polluée et le traffic chaotique nous a semblé effrayant au début à vélo, mais après trois jours on y pense même plus, il faut juste être très vigilant et savoir donner un gros coup de pédale quand c’est nécessaire. Nous avons découvert ici une culture très riche, ses habitants souriants et aidants, discrets aussi parfois mais toujours curieux et prêts à aider les touristes. Les traditions sont très fortes ici. Hommes et femmes sont toujours adeptes de l’habit traditionnel (le Longyi pour les hommes par exemple, une sorte de jupe fermée par un noeud pas si évident à maîtriser pour les débutants, gare à l’atteinte à la pudeur!). On peut aussi voir de très nombreux moines bouddhistes dans les rues et les visiter une multitude de temples et monastère en ville. Bref, le dépaysement est total, mais nous nous sommes très bien acclimatés.

Nous avons tous deux rencontré des soucis techniques sur nos vélos dès les premières sorties en ville, il a fallu s’occuper de cela rapidement, ce qui a donné lieu à des grosses vadrouilles en ville de magasins en magasins, avec tous les malentendus et incompréhensions liées à la langue! Cette dernière ne semble pas trop compliquée d’un point de vue grammatical mais la prononciation est vraiment délicate. L’écrit quand à lui est très beau mais totalement incompréhensible pour un européen. Nous avons rapidement appris que bière se dit beer et comment demander où sont les toilettes (Eaing tah bar mae lae, entre autres).

En ce qui concerne les visites, on était un jour le week-end à Dalaa un village de l’autre côté du fleuve. On s’est rendu compte par chance juste avant le départ du bateau qu’on était monté dans le mauvais qui allait on ne sait où et on a juste eu le temps de descendre avec les vélos et monter dans le bon. Départ 11 heures en vélo, quelle idée! Ici il y a un magasin de plastique recyclé, superbes produits (notamment des articles en chambre à air et pneus de vieux vélos). Le point d’orgue de la semaine était bien sûr la visite de la magnifique pagode dorée de Rangoun, splendide temple bouddhiste où on peut flâner, méditer et admirer les différentes statues et temples.

Après cette semaine d’adaptation, on était plutôt impatient de prendre enfin la route, alors Tatar (au revoir) et à bientôt pour le début de l’aventure à vélo 🙂

Bilan de l’action auprès de Green Lotus

Voilà déjà une semaine que nous avons atterri à Rangoun (Myanmar). Demain l’aventure cycliste commence pour de bon (et sera l’objet d’un autre post)!

Pour clore ce premier chapitre, nous passons la journée dans les locaux de Green Lotus afin de finaliser le montage vidéo des interviews des habitants du Ward67.

May et Leo en pleine réflexion!

Au total, 9 habitants ont accepté de se présenter et de nous raconter leur histoire. Car non, la plupart d’entre eux n’ont pas choisi de s’installer ici! Le but de ces interviews était de faire un point sur le fonctionnement du Ward, et d’apprendre comment la vie en communauté s’organise. Nous les avons aussi questionné sur leurs conditions de vie, sur leur logement et sur les conditions sanitaires dans lesquelles ils vivent:

  • Quels sont les problèmes récurrents, quelles solutions apporter?
  • Comment voient-ils l’évolution du Ward dans 10 ans?
  • (Les jeunes) Comment vivent-ils leur jeunesse ici?

C’était aussi l’occasion de discuter de la journée #TrashTag organisée par Green Lotus et d’avoir leur avis sur ce type d’action: le nombre de déchets plastiques est impressionnant!

Alors à très bientôt pour cette vidéo 😉

La cagnotte pour nos ONGs partenaires est ouverte :)

Nous avons ouvert une cagnotte en ligne dans le but d’accompagner notre visite aux ONGs d’un don pour leur permettre de pérenniser leur action! Celle-ci est hébergée sur la plateforme leetchi.

L’intégralité de la somme perçue via cette cagnotte sera donc partagée puis reversée à Entrepreneurs du Monde et Green Lotus pour leurs projets.

Lien de la cagnotte: https://www.leetchi.com/c/a2rp-bike

En suivant le lien, vous pouvez directement et en un clic participer à cette cagnotte.

  • Chacun participe du montant qu’il souhaite.
  • Tous les paiements sont sécurisés.

Envie de nous aider à récolter plus de dons ? Partagez cette cagnotte !

Merci à tous !


Presentation de Green Lotus et du projet Bawa Pann Daing

Notre départ est fixé dans 15 jours et les préparatifs techniques et administratifs vont de bon train!

On vous parle aujourd’hui de l’ONG Green Lotus, qui a accepté de nous accueillir dès notre arrivée à Rangoun, Myanmar, le 21 mars. Green Lotus et ses deux partenaires ActionAid Myanmar et Women of the World ont monté ensemble le projet Bawa Pann Daing (« But dans la vie ») pour agir dans un bidonville de la ville nommé Ward 67. Dans celui-ci, les habitants manquent parfois de besoins essentiels, tels que l’accès à l’eau potable ou à l’électricité, et les conditions sanitaires n’y sont pas suffisantes, notamment en raison du manque de traitement des déchets. Ensemble, les 3 organisations tentent donc d’améliorer les conditions de vie des habitants de vie à différents niveaux, ceci en incluant les habitants dans la démarche:

– Développement durable du bidonville, aménagement urbains, tri des déchets, compostage et autre activités.
– Renforcement du lien social, émancipation des femmes (dont le rôle dans le développement de la famille est déterminant), amélioration du quotidien dès l’enfance.
– Défense des droits des habitants, lobbying auprès des autorités pour préparer l’avenir de la communauté.

Nous remercions par avance les membres de Green Lotus, qui nous présenteront leur activité, et nous emmèneront à la rencontre des habitants pendant une semaine. Nous aurons entre autres l’occasion de participer aux ateliers organisés pour les habitants de Ward 67 et de partager cette expérience avec nos lecteurs très bientôt!

http://www.green-lotus.org/